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 SAMUEL partage le chagrin des habitants de Shilo. Toute la ville est en deuil. De combien de maisons s’élèvent les cris et les pleurs de femmes et d’enfants apprenant que leur père, leur mari, leur fils ou leur frère ne reviendra plus ? Israël vient de perdre 30 000 soldats dans une terrible défaite face aux Philistins. Et peu de temps auparavant, 4 000 hommes sont tombés dans une autre bataille (1sam. 4:1, 2, 10).

2, 3. Quels malheurs s’abattent l’un après l’autre sur Shilo ?

Ce n’est là qu’un malheur de plus dans une longue série. Les deux fils corrompus du grand prêtre Éli, Hophni et Phinéas, sont sortis de Shilo avec l’arche de l’alliance. Ce coffre précieux, qui se trouve habituellement dans le Très-Saint du tabernacle, symbolise la présence de Dieu. Le peuple a ensuite apporté l’Arche sur le champ de bataille, pensant naïvement qu’elle leur porterait bonheur et leur donnerait la victoire. Pourtant, les Philistins l’ont prise et ont tué Hophni et Phinéas (1sam. 4:3-11).

Depuis des siècles, l’Arche se trouvait dans le tabernacle. Un véritable honneur pour Shilo. Mais voilà qu’elle a disparu ! En entendant la nouvelle, Éli, âgé de 98 ans, tombe de son siège à la renverse et se tue. Sa belle-fille, maintenant veuve, meurt en accouchant ce même jour. Avant d’expirer, elle déclare : « La gloire est partie d’Israël pour l’exil. » Shilo ne sera plus jamais la même (1sam. 4:12-22).

4. De quoi ce chapitre parlera-​t-​il ?

Comment Samuel va-​t-​il surmonter ces profondes déceptions ? Sa foi sera-​t-​elle suffisamment forte pour aider un peuple qui a perdu la protection et la faveur de Jéhovah ? Il peut nous arriver à tous aujourd’hui de devoir faire face à des difficultés ou à des déceptions qui mettent notre foi à l’épreuve. Voyons donc ce que nous pouvons apprendre de Samuel.

 Il a « réalisé la justice »

5, 6. a) Sur quoi le récit se concentre-​t-​il à présent ? b) Qu’a fait Samuel pendant 20 ans ?

Le récit se concentre à présent sur l’Arche. Il nous apprend que les Philistins souffrent pour l’avoir prise et qu’ils se voient forcés de la rendre. Lorsque nous retrouvons Samuel, 20 ans ont passé (1sam.7:2). Qu’a-​t-​il fait pendant ces années ? La Bible nous donne des indices.

Samuel réconforte des femmes et leurs enfants endeuillés

Samuel aide son peuple à se remettre de terribles pertes et d’une amère déception.

Avant le début de cette période, « la parole de Samuel continuait de parvenir à tout Israël » (1sam. 4:1). Et après cette période ? Nous savons que Samuel fait chaque année le tour de trois villes en Israël pour y régler querelles et problèmes, et qu’il rentre ensuite chez lui, à Rama (1sam. 7:15-17). Manifestement, il est toujours resté très occupé, et pendant ces 20 années, il a eu beaucoup à faire.

La Bible ne dit pas ce qu’a fait Samuel pendant 20 ans, mais nous pouvons être sûrs qu’il est resté bien occupé au service de Jéhovah.

7, 8. a) Quel message Samuel adresse-​t-​il au peuple après 20 ans d’efforts ? b) Comment le peuple réagit-​il ?

L’immoralité et la corruption des fils d’Éli ont affaibli la foi des Israélites. C’est, semble-​t-​il, à cause de leur comportement que beaucoup se sont mis à adorer des idoles. Après 20 ans d’efforts, Samuel leur adresse ce message : « Si c’est de tout votre cœur que vous revenez à Jéhovah, écartez du milieu de vous les dieux étrangers, ainsi que les images d’Ashtoreth, puis dirigez résolument votre cœur vers Jéhovah et servez-​le, lui seul, et il vous délivrera de la main des Philistins » (1sam. 7:3).

« La main des Philistins » est devenue pesante sur le peuple. Une fois l’armée d’Israël vaincue, les Philistins ont cru pouvoir opprimer le peuple de Dieu sans en subir de conséquences. Mais Samuel assure aux Israélites que la situation changera s’ils reviennent à Jéhovah. En ont-​ils le désir ? À la grande joie de Samuel, ils se débarrassent de leurs idoles et se mettent « à servir Jéhovah, lui seul ». Samuel convoque une assemblée à Mitspa, ville située dans les montagnes au nord de Jérusalem. Le peuple se rassemble, jeûne et se repent de ses nombreux actes d’idolâtrie (lire 1sam. 7:4-6).

Les Philistins veulent profiter du rassemblement des Israélites repentants pour lancer une attaque.

9. Quelle occasion s’offre aux Philistins, et comment réagit le peuple de Dieu ?

 Les Philistins entendent parler de ce rassemblement et y voient une occasion de lancer une attaque. Ils envoient leur armée à Mitspa pour écraser les adorateurs de Jéhovah. Les Israélites apprennent que le danger approche. Terrifiés, ils demandent à Samuel de prier pour eux. C’est ce qu’il fait. Il accompagne même sa prière d’un sacrifice. Pendant cette cérémonie sacrée, l’armée philistine monte contre Mitspa. C’est alors que Jéhovah répond à la prière de Samuel et exprime sa colère. « En ce jour-​là, [il fait] tonner à grand fracas contre les Philistins » (1sam. 7:7-10).

10, 11. a) Pourquoi le tonnerre que Jéhovah envoie contre l’armée des Philistins doit-​il être exceptionnel ? b) Pourquoi la bataille de Mitspa marque-​t-​elle un tournant ?

10 Faut-​il se représenter les Philistins comme des petits enfants apeurés qui courent se cacher dans les jupes de leur mère au premier coup de tonnerre ? Non, ce sont des soldats endurcis, des guerriers confirmés. Ce tonnerre doit être exceptionnel. Qu’est-​ce qui les effraie ? Le volume de ce « grand fracas » ? Le tonnerre provient-​il d’un ciel bleu sans nuage ? Résonne-​t-​il avec violence dans les collines ? Quoi qu’il en soit, les Philistins sont complètement paniqués. Dans une confusion totale, ils passent bien vite de tyrans à victimes. Les hommes d’Israël sortent massivement de Mitspa, les battent et les poursuivent sur des kilomètres jusqu’au sud-ouest de Jérusalem (1sam. 7:11).

11 Cette bataille marque un tournant. Les Philistins continueront de se retirer du pays durant le reste des jours où Samuel occupera la fonction de juge. Le peuple de Dieu reprendra le contrôle d’une ville après l’autre (1sam. 7:13, 14).

12. a) En quel sens Samuel a-​t-​il « réalisé la justice » ? b) Grâce à quelles qualités Samuel obtient-​il de bons résultats ?

12 Bien des siècles plus tard, l’apôtre Paul mentionnera Samuel parmi les juges et les prophètes qui, grâce à la foi, ont « réalisé la justice » (Héb. 11:32, 33). Samuel contribue en effet à rétablir ce qui est bon et juste aux yeux de Dieu. Il réussit parce qu’il compte patiemment sur Jéhovah et qu’il poursuit fidèlement sa mission malgré les  déceptions. De plus, il est reconnaissant envers Dieu. En effet, après la victoire à Mitspa, il dresse un monument en souvenir de ce que Jéhovah a fait pour son peuple (1sam. 7:12).

13. a) Quelles qualités de Samuel pouvons-​nous imiter ? b) À ton avis, quand est-​il bien de commencer à cultiver les mêmes qualités que Samuel ?

13 Souhaites-​tu « réalis[er] la justice », toi aussi ? Si oui, imite la patience de Samuel, son humilité et sa reconnaissance (lire 1pe 5:6). Qui d’entre nous n’a pas besoin de cultiver ces qualités ? Samuel les a acquises et manifestées relativement jeune, ce qui l’a aidé à surmonter de plus grandes déceptions dans sa vieillesse.

« Tes fils n’ont pas marché dans tes voies »

14, 15. a) Quelle grosse déception Samuel a-​t-​il dans sa vieillesse ? b) Samuel a-​t-​il manqué à ses devoirs de père, comme Éli ?

14 Lorsque la Bible reparle de Samuel, il est « devenu vieux ». Il a maintenant deux fils adultes, Yoël et Abiya, à qui il a confié la responsabilité de le soutenir dans sa charge de juge. Malheureusement, sa confiance s’avère mal placée. Alors que Samuel est honnête et juste, ses fils se servent de leur position à des fins égoïstes. Ils rendent des jugements injustes et acceptent des pots-de-vin (1sam. 8:1-3).

 15 Un jour, les anciens d’Israël viennent se plaindre au prophète âgé : « Tes fils n’ont pas marché dans tes voies » (1sam. 8:4, 5). Samuel est-​il conscient du problème ? Le récit ne le précise pas. Mais à l’inverse d’Éli, Samuel ne manque certainement pas à ses devoirs de père. Souvenons-​nous qu’Éli n’a pas corrigé ses fils corrompus et qu’il les a honorés plus que Dieu. Jéhovah l’a réprimandé et puni pour cela (1sam. 2:27-29). Par contre, il ne fait pas de reproches à Samuel concernant ses fils.

Les anciens parlent à Samuel de la mauvaise conduite de ses fils

Comment Samuel surmonte-​t-​il la déception d’avoir des fils qui tournent mal ?

16. a) Que ressentent les parents d’enfants rebelles ? b) Comment l’exemple de Samuel peut-​il aider les parents ?

16 Le récit ne révèle pas si Samuel a été accablé par la honte, l’inquiétude ou la déception en apprenant la mauvaise conduite de ses fils. Toutefois, de nombreux parents peuvent facilement imaginer ses sentiments. À notre époque troublée, la rébellion contre la discipline et l’autorité parentales s’est généralisée (lire 2tm. 3:1-5). Les parents qui connaissent ce genre de souffrance peuvent trouver un certain réconfort et une direction dans l’exemple de Samuel. Il n’a pas laissé le mode de vie de ses fils changer un tant soit peu sa conduite. N’oublie pas que lorsque les mots et la discipline ne parviennent plus à toucher un cœur endurci, l’exemple reste un enseignement puissant. Et les parents ont toujours la possibilité de rendre fier leur propre Père, Jéhovah, comme l’a fait Samuel.

« Établis-​nous un roi »

17. a) Qu’exigent de Samuel les anciens d’Israël ? b) Comment Samuel réagit-​il ?

17 Les fils de Samuel ne se doutent pas des effets que vont avoir leur avidité et leur égoïsme. Les anciens d’Israël disent ensuite à Samuel : « Maintenant donc, établis-​nous un roi pour nous juger comme toutes les nations. » Samuel voit-​il dans cette requête un rejet personnel ? Il est vrai qu’il juge ce peuple au nom de Jéhovah depuis des dizaines d’années. À présent, les Israélites ne veulent plus être jugés par un simple prophète comme lui, mais par un roi. Les nations d’alentour ont des rois, et ils en veulent un aussi. Comment le prophète réagit-​il ? « La chose fut mauvaise aux yeux de Samuel » (1sam. 8:5, 6).

18. Quelles paroles de Jéhovah réconfortent Samuel, tout en soulignant la gravité du péché du peuple ?

18 Samuel prie au sujet de la situation. Que lui répond Jéhovah ? « Écoute la voix du peuple quant à tout ce qu’ils te  disent ; car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, mais c’est moi qu’ils ont rejeté pour que je ne sois plus roi sur eux. » Quel réconfort pour Samuel ! Cela dit, les Israélites insultent gravement le Dieu Tout-Puissant. Jéhovah demande à son prophète de les avertir des conséquences de leur choix. Samuel obéit. Toutefois, ils insistent : « Non, mais c’est un roi qui sera au-dessus de nous. » Toujours soumis à son Dieu, Samuel va oindre le roi que Jéhovah a choisi (1sam. 8:7-19).

19, 20. a) Avec quel état d’esprit Samuel obéit-​il à l’ordre d’oindre Saül ? b) Comment Samuel continue-​t-​il d’aider les Israélites ?

19 Avec quel état d’esprit Samuel obéit-​il ? Avec ressentiment ? Avec indifférence ? Permet-​il à la déception d’empoisonner son cœur ? Laisse-​t-​il l’amertume s’y enraciner ? Plus d’un homme réagirait ainsi dans une telle situation, mais pas Samuel. Il oint Saül et reconnaît que c’est Jéhovah qui l’a choisi. Il embrasse le nouveau roi en signe d’accueil et de soumission. Puis il dit au peuple : « Avez-​vous vu celui que Jéhovah a choisi, qu’il n’y a personne comme lui parmi tout le peuple ? » (1sam. 10:1, 24).

20 Samuel se concentre, non pas sur les défauts de Saül, mais sur ce qu’il y a de bon chez cet homme choisi par Jéhovah. D’autre part, au lieu de chercher à obtenir l’approbation d’un peuple changeant, il veut avant tout rester intègre (1sam. 12:1-4). Il poursuit aussi fidèlement sa mission : conseiller les Israélites sur les dangers spirituels qui les guettent et les encourager à rester fidèles à Jéhovah. Touchés par ses conseils, ils demandent à Samuel de prier pour eux. Le prophète leur adresse cette belle réponse : « Il est impensable pour moi de pécher contre Jéhovah en cessant de prier en votre faveur ; et je dois vous enseigner le bon et droit chemin » (1sam. 12:21-24).

Comme Samuel, ne laissons jamais la jalousie ou l’amertume s’enraciner en nous.

21. Si un jour tu es déçu de ne pas être choisi pour une fonction ou une attribution de service, que te rappellera l’exemple de Samuel ?

21 As-​tu déjà été déçu de ne pas être choisi pour une fonction ou une attribution de service ? L’exemple de Samuel nous rappelle avec force que nous ne devons jamais laisser la jalousie ou l’amertume s’enraciner dans notre cœur (lire proverbes 14:30). Dieu a suffisamment d’activités enrichissantes et épanouissantes pour chacun de ses serviteurs fidèles.

 « Jusqu’à quand seras-​tu en deuil pour Saül ? »

22. Pourquoi Samuel a-​t-​il raison de voir ce qu’il y a de bon chez Saül ?

22 Samuel a raison de voir ce qu’il y a de bon chez Saül ; c’est un homme remarquable. Grand et impressionnant, courageux et intelligent, il est pourtant modeste et sans prétention au départ (1sam. 10:22, 23, 27). Bien sûr, il possède également le libre arbitre, la capacité de choisir sa voie et de prendre ses propres décisions (Deut. 30:19). Saura-​t-​il bien utiliser ce don précieux ?

23. a) Quelle qualité Saül perd-​il en premier ? b) Comment son arrogance s’exprime-​t-​elle ?

23 Malheureusement, quand un homme acquiert du pouvoir, la première qualité qu’il perd est souvent la modestie. Saül devient rapidement arrogant. Il décide de désobéir aux ordres de Jéhovah que Samuel lui transmet. Un jour, il s’impatiente et offre un sacrifice à la place du prophète. Celui-ci le reprend fermement et prédit que la royauté ne restera pas dans sa famille. Loin d’accepter la discipline, Saül commet des actes de désobéissance plus graves encore (1sam. 13:8, 9, 13, 14).

24. a) Saül obéit-​il à l’ordre de Jéhovah au sujet des Amaléqites ? b) Comment Saül réagit-​il à la discipline, et quelle est la décision de Jéhovah ?

24 Par l’intermédiaire de Samuel, Jéhovah commande à Saül de combattre les Amaléqites. Il lui ordonne notamment d’exécuter leur roi, Agag. Cependant, Saül épargne Agag * et garde le meilleur du butin, qui devrait être détruit. Lorsque Samuel le lui reproche, l’attitude de Saül révèle à quel point il a changé. Au lieu d’accepter la réprimande avec modestie, il se justifie, se trouve des excuses, ignore le problème et essaie de rejeter la responsabilité sur le peuple. Alors que Saül tente d’échapper à la discipline en prétendant qu’une partie du butin est réservée au sacrifice pour Jéhovah, Samuel prononce ces paroles devenues célèbres : « Écoute ! Obéir vaut mieux qu’un sacrifice. » Avec courage, il reprend Saül et lui annonce la décision de Jéhovah : la royauté lui sera enlevée et sera donnée à un homme meilleur (1sam. 15:1-33).

25, 26. a) Pourquoi Samuel est-​il en deuil, et quel reproche Jéhovah lui fait-​il gentiment ? b) Lorsque Samuel arrive chez Jessé, que lui dit Jéhovah ?

 25 Bouleversé par les péchés de Saül, Samuel passe la nuit à crier vers Jéhovah. Il va jusqu’à mener deuil pour le roi. Il avait vu tant de potentiel et de bonnes choses chez Saül ! Maintenant ses espoirs sont anéantis. Où est le Saül qu’il a connu ? Le roi a perdu ses plus belles qualités et s’est détourné de Jéhovah. Samuel ne veut plus jamais le revoir. Plus tard, cependant, Jéhovah lui fait gentiment ce reproche : « Jusqu’à quand seras-​tu en deuil pour Saül, alors que moi, par contre, je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël ? Remplis d’huile ta corne et pars. Je vais t’envoyer vers Jessé le Bethléhémite, car je me suis trouvé un roi parmi ses fils » (1sam. 15:34, 35 ; 16:1).

26 La réalisation de la volonté de Jéhovah ne dépend pas de la fidélité d’humains imparfaits. Si l’un d’eux devient infidèle, Jéhovah en trouvera un autre pour atteindre son but. Le vieux prophète cesse de mener deuil. Sur l’ordre de Jéhovah, il va à Bethléhem, chez Jessé. Certains des fils de Jessé ont un physique impressionnant. Pourtant, dès que Samuel aperçoit le premier, Jéhovah lui dit de ne pas se fier aux apparences (lire 1samuel 16:7). Finalement, Samuel fait la connaissance du plus jeune fils, et c’est lui que Jéhovah choisit. Il s’agit de David.

Samuel a constaté que Jéhovah peut adoucir, effacer ou transformer en bénédiction même la plus grande des déceptions.

27. a) Qu’est-​ce qui a aidé Samuel à renforcer sa foi ? b) Qu’apprécies-​tu particulièrement dans l’exemple laissé par Samuel ?

27 Durant ses dernières années, Samuel comprend encore mieux que Jéhovah a eu raison de remplacer Saül par David. Alors que Saül sombre dans une jalousie meurtrière et dans l’apostasie, David, lui, fait preuve de qualités admirables telles que le courage, l’intégrité, la foi et la fidélité. La vie de Samuel touche à sa fin, mais sa foi continue de se renforcer. Il constate que Jéhovah peut adoucir, effacer ou transformer en bénédiction même la plus grande des déceptions. Finalement, Samuel meurt, laissant le souvenir d’un homme de foi à la vie exceptionnelle, longue de près d’un siècle. Tout Israël pleure ce prophète, et pour cause ! Aujourd’hui encore, les serviteurs de Jéhovah font bien de se demander : « Imiterai-​je la foi de Samuel ? »

 


SAMUEL observe les visages des Israélites. La nation s’est rassemblée à Guilgal, convoquée par cet homme de foi qui est juge et prophète depuis des dizaines d’années. C’est le mois de mai ou de juin. La saison sèche est bien avancée. Dans les champs dorés alentour, le blé est prêt à être moissonné. La foule fait silence. Comment Samuel va-​t-​il toucher les cœurs ?

Les Israélites ne saisissent pas la gravité de leur situation. Ils réclament un roi humain. Ils ne se rendent pas compte qu’ils manquent sérieusement de respect envers leur Dieu, Jéhovah, et son prophète. En quelque sorte, c’est Jéhovah qu’ils rejettent en tant que Roi ! Comment Samuel peut-​il les amener à se repentir ?

Samuel nous montre comment bâtir notre foi et résister à de mauvaises influences.

3, 4. a) Pourquoi Samuel parle-​t-​il de sa jeunesse ? b) Pourquoi l’exemple de foi de Samuel nous est-​il utile ?

Le prophète prend la parole : « J’ai vieilli et blanchi. » Ses cheveux blancs donnent du poids à ses mots. Il ajoute : « J’ai marché devant vous depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour » (1 Sam. 11:14, 15 ; 12:2). Il est âgé, mais il n’a pas oublié son passé. Ses souvenirs sont très nets. Grâce aux décisions qu’il a prises tout jeune, il a mené une vie marquée par la foi et l’attachement à Jéhovah.

Samuel a bâti et entretenu sa foi alors qu’il était entouré de personnes infidèles. Aujourd’hui, il est tout aussi difficile d’entretenir notre foi dans un monde éloigné de Dieu et corrompu (lire Luc 18:8). Voyons ce que nous  pouvons apprendre de Samuel, en commençant par sa petite enfance.

Garçon, il « servait devant Jéhovah »

5, 6. a) Pourquoi l’enfance de Samuel n’est-​elle pas habituelle ? b) Pourquoi les parents de Samuel sont-​ils sûrs qu’on prend soin de lui ?

Samuel n’a pas une enfance habituelle. Peu après avoir été sevré, vers l’âge de trois ans ou un peu plus, il commence à servir Jéhovah au tabernacle à Shilo, à une trentaine de kilomètres de sa ville natale, Rama. Ses parents, Elqana et Hanna, l’ont en effet voué à Jéhovah afin qu’il le serve de façon particulière : ils ont fait de lui un naziréen à vie *. Cela signifie-​t-​il que Samuel est rejeté par des parents qui ne l’aiment pas ?

Absolument pas ! Elqana et Hanna savent qu’à Shilo, on prend soin de leur fils. Le grand prêtre Éli y veille sûrement, car Samuel collabore de près avec lui. Par ailleurs, un certain nombre de femmes effectuent un service, manifestement organisé, au tabernacle (Ex. 38:8 ; Juges 11:34-40).

7, 8. a) Comment les parents de Samuel l’encouragent-​ils année après année ? b) Quel exemple Hanna et Elqana ont-​ils laissé aux parents ?

Hanna et Elqana n’oublient pas leur cher fils aîné, dont la naissance était la réponse à une prière. Hanna avait demandé un fils et avait promis de le vouer à Dieu pour qu’il le serve toute sa vie. Chaque année, lorsqu’elle vient le voir, elle lui apporte un manteau sans manches qu’elle lui a fait pour son service au tabernacle. Le petit garçon doit être ravi de ces visites. Sans aucun doute, il s’épanouit grâce aux encouragements et aux conseils affectueux de ses parents, qui lui rappellent tout l’honneur qu’il a de servir Jéhovah dans ce lieu incomparable.

À notre époque, les parents ont beaucoup à apprendre de Hanna et d’Elqana. Certains concentrent tous leurs efforts sur les questions matérielles et négligent la spiritualité de leurs enfants. Les parents de Samuel ont quant à eux donné la priorité aux choses spirituelles, ce qui a largement déterminé le genre d’homme que leur fils est devenu (lire Proverbes 22:6).

9, 10. a) Décris le tabernacle et les sentiments de Samuel pour ce lieu sacré (voir aussi la note). b) Quelles responsabilités Samuel a-​t-​il sans doute ? c) À ton avis, comment les jeunes peuvent-​ils imiter Samuel ?

Samuel grandit. Imagine-​le en train d’explorer les collines autour de Shilo. Il regarde la ville et la vallée qui s’étend sur un  côté. Lorsqu’il voit le tabernacle de Jéhovah *, son cœur se gonfle de joie et de fierté. C’est vraiment un lieu sacré : construit environ 400 ans plus tôt sous la direction de Moïse lui-​même, le tabernacle est l’unique centre du culte pur au monde !

10 Le jeune Samuel aime de plus en plus le tabernacle. Il écrira plus tard qu’il « servait devant Jéhovah, comme un garçon ceint d’un éphod de lin » (1 Sam. 2:18). Cet éphod, un vêtement simple sans manches, indique que Samuel aide les prêtres au tabernacle. Même s’il n’est pas prêtre, il accomplit certaines tâches, comme ouvrir chaque matin les portes donnant sur la cour et s’occuper du vieil Éli. Mais il a beau apprécier ses privilèges, ce garçon innocent finit par être perturbé. Il se passe quelque chose de vraiment anormal dans la maison de Jéhovah.

Pur malgré la corruption

11, 12. a) Quelle erreur commettent Hophni et Phinéas ? b) Comment la méchanceté et la corruption de Hophni et Phinéas se manifestent-​elles ? (voir aussi la note).

11 Tout jeune, Samuel est confronté à la méchanceté et à la corruption. Éli a deux fils, Hophni et Phinéas, au sujet desquels le récit déclare : « Les fils d’Éli étaient des vauriens ; ils ne reconnaissaient pas Jéhovah » (1 Sam. 2:12). Les deux idées de ce verset sont liées. Hophni et Phinéas sont des « vauriens », littéralement des « fils de néant », parce qu’ils n’ont aucun respect pour Jéhovah. Ils n’accordent aucune importance à ses principes et exigences justes. Cette erreur est à l’origine de tous leurs autres péchés.

12 La Loi de Dieu définit précisément les devoirs des prêtres et la façon dont ils doivent offrir les sacrifices au tabernacle. Et pour cause ! Ces sacrifices représentent les dispositions que Dieu a prises pour le pardon des péchés, afin que les Israélites soient purs à ses yeux, dignes de sa bénédiction et de sa direction. Mais Hophni et Phinéas  incitent les autres prêtres à traiter les offrandes sans le moindre respect *.

13, 14. a) Quel effet ce qui se passe au tabernacle a-​t-​il sur les personnes sincères ? b) Pourquoi peut-​on dire qu’Éli manque à ses responsabilités de grand prêtre et de père ?

13 Représente-​toi le jeune Samuel ouvrant de grands yeux devant de tels abus qui restent impunis. Combien de gens — dont des pauvres, des humbles, des opprimés — voit-​il arriver au tabernacle de Dieu dans l’espoir d’être réconfortés et fortifiés, mais repartir déçus, blessés ou humiliés ? Et quels sont ses sentiments lorsqu’il apprend que Hophni et Phinéas méprisent aussi les lois de Jéhovah sur la morale sexuelle en ayant des rapports avec des femmes accomplissant un service au tabernacle ? (1 Sam. 2:22). Peut-être espère-​t-​il qu’Éli va faire quelque chose.

La méchanceté des fils d’Éli doit beaucoup perturber Samuel.

14 En effet, Éli est le mieux placé pour redresser cette situation de plus en plus critique. En tant que grand prêtre, il est responsable de ce qui se passe au tabernacle. En tant que père, il a l’obligation de corriger ses fils. Ne se font-​ils pas du tort, à eux et à bien d’autres dans le pays ? Toutefois, Éli manque à ses responsabilités, tant de grand prêtre que de père. Il ne réprimande ses fils que mollement (lire 1 Samuel 2:23-25). Or ceux-ci ont besoin d’une correction bien plus ferme. Les péchés qu’ils commettent sont punissables de mort !

15. Quel puissant message de condamnation Jéhovah adresse-​t-​il à Éli, et comment Éli et sa famille réagissent-​ils ?

15 La situation se dégrade à tel point que Jéhovah envoie « un homme de Dieu », un prophète anonyme, pour adresser à Éli un puissant message de condamnation. « Pourquoi continues-​tu d’honorer tes fils plus que moi ? » reproche Jéhovah au grand prêtre. Il lui annonce que ses fils corrompus mourront le même jour, que sa famille subira de grandes souffrances et qu’elle perdra sa position privilégiée parmi les prêtres. Cet avertissement très clair fait-​il réagir Éli et sa famille ? Le récit ne signale aucun changement dans leur état d’esprit (1 Sam. 2:27–3:1).

16. a) Quelles bonnes nouvelles le récit nous apprend-​il au sujet de Samuel ? b) Pourquoi trouves-​tu ces nouvelles encourageantes ?

 16 Quel effet toute cette corruption a-​t-​elle sur Samuel ? De bonnes nouvelles concernant ses progrès éclairent régulièrement ce sombre récit. Souviens-​toi, en 1 Samuel 2:18, nous avons lu que le garçon « servait devant Jéhovah », avec foi et fidélité. Même jeune, il fait du service de Dieu sa priorité. Le verset 21 donne un détail encore plus réjouissant : « Le garçon Samuel grandissait auprès de Jéhovah. » Tandis qu’il grandit, ses liens avec son Père céleste se resserrent. Des relations étroites avec Jéhovah sont la meilleure protection contre n’importe quelle forme de corruption.

17, 18. a) Face à la corruption de leur entourage, comment les jeunes chrétiens peuvent-​ils imiter Samuel ? b) Quel est le résultat de la fidélité de Samuel ?

17 Samuel pourrait facilement penser : « Si le grand prêtre et ses fils cèdent au péché, moi aussi je peux faire ce que je veux. » Mais la corruption des autres, y compris de ceux qui ont une certaine autorité, n’est jamais une excuse pour pécher. De nos jours, beaucoup de jeunes chrétiens imitent Samuel : ils « grandiss[ent] auprès de Jéhovah », même s’ils n’ont pas que de bons exemples dans leur entourage.

18 Quel est le résultat de la fidélité de Samuel ? « Pendant ce temps, le garçon Samuel grandissait et devenait de plus en plus attachant, tant du point de vue de Jéhovah que de celui des hommes » (1 Sam. 2:26). Il est aimé, au moins par ceux dont l’opinion est importante pour lui. Jéhovah lui-​même aime ce garçon pour sa fidélité. Samuel sait que son Dieu va agir contre  toute la méchanceté qui se commet à Shilo, mais il se demande peut-être quand. Une nuit, il reçoit une réponse...

« Parle, car ton serviteur écoute »

19, 20. a) Qu’arrive-​t-​il à Samuel alors qu’il est couché ? b) Comment Samuel traite-​t-​il Éli ? c) Comment Samuel comprend-​il qui l’a appelé ?

19 Le matin approche, mais il fait encore noir. La grande lampe, dont la lumière vacillante éclaire le tabernacle, n’est pas éteinte. Dans le silence, une voix appelle Samuel. Il pense que c’est Éli, à présent très âgé et presque aveugle. Il se lève et court vers lui. Le vois-​tu se précipiter, pieds nus, pour demander au vieil homme de quoi il a besoin ? Il est touchant de constater que Samuel le traite avec respect et bonté. Malgré ses nombreux péchés, Éli est toujours le grand prêtre de Jéhovah (1 Sam. 3:2-5).

20 Samuel le réveille, en disant : « Me voici, car tu m’as appelé. » Éli répond que non, et le renvoie au lit. La même chose se produit une deuxième, puis une troisième fois ! Finalement, Éli discerne ce qui se passe. Jéhovah ne parle plus très souvent à son peuple par des visions ou des messages prophétiques. Rien d’étonnant à cela. Mais Éli comprend que Jéhovah va de nouveau parler, maintenant à cet enfant ! Il dit à Samuel de se recoucher et lui indique ce qu’il doit répondre. Le garçon obéit. Peu après, la voix l’appelle encore : « Samuel, Samuel ! » Il répond : « Parle, car ton serviteur écoute » (1 Sam. 3:1, 5-10).

21. Comment pouvons-​nous écouter Jéhovah aujourd’hui, et quel bienfait en retirons-​nous ?

21 Jéhovah a enfin à Shilo un serviteur qui l’écoute. Écouter Dieu devient pour Samuel une habitude de vie. Est-​ce aussi ton habitude ? Pas besoin d’attendre qu’une voix surnaturelle te parle la nuit. Aujourd’hui, Jéhovah communique avec toi constamment pour ainsi dire. Sa voix se fait entendre par sa Parole, la Bible, disponible en entier. Plus nous écoutons Dieu et lui obéissons, plus notre foi grandit. Le cas de Samuel en est la preuve.

Le jeune Samuel transmet à Éli le message de jugement de Jéhovah

Malgré sa peur, Samuel transmet fidèlement à Éli le message de condamnation de Jéhovah.

22, 23. a) Comment se réalise le message qu’au début Samuel a eu peur de porter à Éli ? b) Pourquoi la belle réputation de Samuel devient-​elle de plus en plus solide ?

22 Cette nuit à Shilo marque un tournant dans la vie de Samuel. Il commence alors à connaître Jéhovah de façon particulière : il est maintenant son prophète et son porte-parole. Au début, il a peur de porter à Éli le message de Jéhovah confirmant que la prophétie contre sa famille va sous peu se réaliser. Mais il rassemble son courage, et Éli accepte humblement le jugement divin. Bientôt, tout ce qu’a annoncé Jéhovah s’accomplit. Israël entre en  guerre contre les Philistins, Hophni et Phinéas sont tous les deux tués le même jour et Éli meurt en apprenant que l’arche de Jéhovah a été prise (1 Sam. 3:10-18 ; 4:1-18).

23 Quant à Samuel, sa réputation de prophète fidèle devient de plus en plus solide. « Jéhovah lui-​même était avec lui », dit le récit, ajoutant qu’il fait se réaliser toutes les prophéties de Samuel (lire 1 Samuel 3:19).

« Samuel appela Jéhovah »

24. Que désirent les Israélites, et pourquoi s’agit-​il d’un péché grave ?

24 Les Israélites suivent-​ils la direction de Samuel et se rapprochent-​ils de Jéhovah avec foi ? Non. Le temps passe, et ils ne veulent plus être jugés par un simple prophète ; ils désirent ressembler aux autres nations, avoir à leur tête un roi humain. Samuel écoute Jéhovah et accède à leur demande. Toutefois, il doit leur faire prendre conscience de la gravité de leur péché. Ce n’est pas un homme qu’ils rejettent, c’est Jéhovah lui-​même ! Samuel convoque donc le peuple à Guilgal.

Le prophète âgé Samuel regarde vers le ciel pendant un orage ; les personnes autour de lui sont effrayées

Samuel prie avec foi ; Jéhovah répond par un orage.

25, 26. Comment Samuel s’y prend-​il pour faire comprendre aux Israélites la gravité de leur péché ?

25 Rejoignons-​le en ce moment de grande tension. Le vieux prophète rappelle aux Israélites qu’il est resté intègre toute sa vie. Nous lisons ensuite : « Samuel appela Jéhovah. » Il lui demande un orage (1 Sam. 12:17, 18).

26 Un orage ? En pleine saison sèche ? Du jamais vu ! Si certains doutent ou se moquent, ils ne le font pas longtemps. Le ciel s’assombrit tout à coup. Le vent fouette les blés dans les champs. Le tonnerre retentit dans un grondement assourdissant. Il se met à pleuvoir. Résultat : « Le peuple craignit beaucoup Jéhovah et Samuel. » Les Israélites comprennent enfin qu’ils ont péché gravement (1 Sam. 12:18, 19).

27. Que fait Jéhovah pour ceux qui imitent la foi de Samuel ?

27 Ce n’est pas Samuel, mais Jéhovah qui a touché les cœurs rebelles des Israélites. Depuis sa jeunesse jusqu’à ses vieux jours, Samuel a eu foi en son Dieu, qui l’a récompensé. Jéhovah n’a pas changé. Il soutient toujours ceux qui imitent la foi de Samuel.





 RUTH se met à genoux près du tas de gerbes d’orge qu’elle a rassemblées. Le soir tombe sur les champs autour de Bethléhem. De nombreux moissonneurs retournent maintenant vers la porte de cette petite ville perchée sur le haut d’une colline. À la fin de cette longue journée de travail, Ruth est épuisée ; elle ne s’est presque pas arrêtée depuis le matin. Pourtant, elle commence à battre les tiges pour en séparer le grain avec un fléau, une sorte de bâton. Malgré tout, c’était une bonne journée, bien meilleure qu’elle ne l’avait imaginée.


2 La situation de cette jeune veuve va-​t-​elle enfin s’améliorer ? Comme l’a montré le chapitre précédent, elle s’est attachée à Naomi, sa belle-mère. Elle a fait le vœu de rester avec elle et d’adorer Jéhovah, le Dieu de Naomi. Les deux femmes endeuillées ont quitté Moab pour vivre à Bethléhem. Ruth, qui est moabite, a vite appris que la Loi de Jéhovah prévoit des dispositions pour que les pauvres en Israël, y compris les étrangers, gardent leur dignité. Mais elle découvre à présent que des serviteurs de Jéhovah mettent en pratique cette Loi et manifestent de la bonté. Voilà qui adoucit les souffrances de Ruth.


3, 4. a) Comment Boaz a-​t-​il encouragé Ruth ? b) Comment l’exemple de Ruth peut-​il nous aider en période de crise économique ?


3 Boaz, le riche propriétaire des champs qu’elle glane, est en effet un serviteur de Jéhovah. Aujourd’hui, cet homme d’âge mûr a agi comme un père avec elle. Elle ne peut s’empêcher de sourire intérieurement en pensant aux compliments qu’il lui a faits parce qu’elle s’occupe de Naomi et qu’elle a choisi de trouver refuge sous les ailes du vrai Dieu (lire Ruth 2:11-14).


4 Toutefois, il se peut que Ruth s’inquiète pour l’avenir. Elle qui est étrangère et pauvre, sans mari ni enfant, comment va-​t-​elle gagner sa vie et s’occuper de Naomi ? Le glanage sera-​t-​il  suffisant ? Et qui prendra soin d’elle quand elle vieillira ? Il est normal que ces questions la troublent. De nos jours, les conditions économiques sont difficiles, et beaucoup se posent le même genre de questions. Voyons comment la foi de Ruth l’a aidée à surmonter ses inquiétudes. Nous saurons alors comment l’imiter.


Qu’est-​ce qu’une famille ?

5, 6. a) À la fin de sa première journée dans les champs de Boaz, que rapporte Ruth à Naomi ? b) Comment Naomi réagit-​elle en voyant Ruth ?


5 Une fois que Ruth a fini de battre le grain et de le ramasser, elle se rend compte qu’elle a glané environ un épha d’orge, soit 22 litres. Le paquet doit peser une quinzaine de kilos ! Elle l’entoure peut-être d’un tissu et met le tout sur sa tête. Puis elle rentre à Bethléhem alors que la nuit s’installe (Ruth 2:17).


6 Naomi est heureuse de retrouver sa chère belle-fille. Elle est certainement surprise de voir son gros paquet d’orge. Ruth rapporte aussi des restes du déjeuner que Boaz a offert aux ouvriers. Elles auront de quoi partager un repas simple. « Où as-​tu glané aujourd’hui, demande Naomi, et où as-​tu travaillé ? Que celui qui t’a remarquée soit béni » (Ruth 2:19). Elle a le sens de l’observation : si Ruth a autant de provisions, c’est que quelqu’un l’a remarquée et a été bon avec elle.


7, 8. a) Pour Naomi, qui est derrière la bonté de Boaz, et pourquoi ? b) Comment Ruth continue-​t-​elle à manifester de l’amour fidèle à sa belle-mère ?


7 Au cours de leur conversation, Ruth raconte à Naomi ce que Boaz a fait. Touchée, Naomi s’exclame : « Béni soit-​il de Jéhovah, qui ne s’est pas départi de sa bonté de cœur envers les vivants et les morts * » (Ruth 2:20). Pour Naomi, c’est Jéhovah qui est derrière la bonté de Boaz. C’est lui qui incite ses serviteurs à être généreux et qui promet de récompenser leur bonté (lire Proverbes 19:17).


8 Naomi encourage Ruth à accepter la proposition de Boaz de glaner dans ses champs et près des jeunes femmes de sa maisonnée pour que les moissonneurs la laissent tranquille. Ruth suit ce conseil. Le récit indique également qu’elle continue d’habiter avec sa belle-mère (Ruth 2:22, 23). On reconnaît là encore  la grande qualité de Ruth : son amour fidèle. Comme elle, accordons-​nous du prix aux liens familiaux ? Soutenons-​nous nos proches avec amour et leur offrons-​nous l’aide dont ils ont besoin ? Jéhovah remarque toujours un tel amour fidèle.


Comme Ruth et Naomi, attachons-​nous aux membres de notre famille, quelle qu’elle soit.


9. Que nous apprennent Ruth et Naomi sur la notion de famille ?


9 Peut-​on dire que Ruth et Naomi formaient une famille ? Pour certains, qui dit famille dit forcément mari, femme, enfants, grands-parents, etc. Mais si chacun y met du sien, chaleur, bonté et amour peuvent régner même dans la plus petite des familles. Le cas de Ruth et Naomi en est la preuve. Es-​tu attaché aux membres de ta famille, quelle qu’elle soit ? Jésus a rappelé à ses disciples que ceux qui n’ont pas de famille peuvent en trouver une dans la congrégation (Marc 10:29, 30).


Ruth et Naomi partagent un repas simple

Ruth et Naomi s’entraident et s’encouragent.


« C’est un de nos racheteurs »

10. Comment Naomi veut-​elle aider Ruth ?


10 De la moisson des orges en avril jusqu’à celle des blés en juin, Ruth glane dans les champs de Boaz. Les semaines passent. Naomi pense sans doute à ce qu’elle pourrait faire pour sa belle-fille. En Moab, elle était convaincue qu’elle ne pourrait jamais aider Ruth à se remarier (Ruth 1:11-13). Mais maintenant, elle n’en est plus si sûre. « Ma fille, dit-​elle un jour à Ruth, ne dois-​je pas chercher pour toi un lieu de repos ? » (Ruth 3:1). La coutume à l’époque veut que les parents trouvent un conjoint pour leurs enfants. Naomi désire par conséquent procurer à Ruth, qui est devenue comme une fille pour elle, « un lieu de repos », autrement dit la sécurité et la protection qu’offrent un foyer et un mari. Que peut-​elle bien faire ?


11, 12. a) Lorsque Naomi parle de Boaz comme d’un « racheteur », à quoi fait-​elle allusion ? b) Comment Ruth réagit-​elle au conseil de sa belle-mère ?


11 La première fois que Ruth lui a parlé de Boaz, Naomi a précisé : « Cet homme est notre parent. C’est un de nos racheteurs » (Ruth 2:20). Qu’est-​ce que cela voulait dire ? La Loi d’Israël prévoyait une disposition pleine d’amour pour les familles qui souffraient en raison de la pauvreté ou d’un deuil. Pour une femme sans enfant, devenir veuve était particulièrement pénible. Cela signifiait que la lignée de son mari allait s’arrêter, que le nom de celui-ci allait être  « effacé ». Mais la Loi de Dieu permettait au frère du mort d’épouser la veuve. Celle-ci pouvait ainsi avoir un enfant qui perpétuerait le nom de son mari décédé et qui hériterait de la propriété familiale * (Deut. 25:5-7).


12 Naomi prépare donc un plan d’action. On imagine que Ruth ouvre tout grand les yeux lorsque sa belle-mère lui en parle. La Loi de Jéhovah est un peu nouvelle pour elle. La jeune femme ne connaît pas encore toutes les coutumes des Israélites. Mais comme elle a beaucoup de respect pour Naomi, elle l’écoute très attentivement. Ce que Naomi lui conseille de faire lui semble peut-être étrange, gênant, voire humiliant. Pourtant, Ruth accepte humblement : « Tout ce que tu me dis, je le ferai » (Ruth 3:5).


13. Quel exemple nous donne Ruth sur la façon de réagir aux conseils des plus âgés ? (voir aussi Job 12:12).


13 Les jeunes ont parfois du mal à écouter l’avis de ceux qui sont plus âgés et plus expérimentés. Ils pensent souvent que ceux qui sont plus vieux ne comprennent pas vraiment leurs difficultés. L’exemple d’humilité de Ruth nous rappelle qu’il est de notre intérêt d’écouter quelqu’un de sage qui nous aime et qui veut notre bien (lire Psaume 71:17, 18). Mais quel est le conseil de Naomi ? Sera-​t-​il vraiment utile à Ruth ?


 Sur l’aire de battage

14. Qu’est-​ce qu’une aire de battage ?


14 Ce soir-​là, Ruth va sur l’aire de battage, un endroit plat au sol tassé où les cultivateurs viennent battre et vanner leur grain. Cet endroit se situe généralement sur une colline, là où le vent souffle fort en fin de journée. Pour séparer le grain de son enveloppe, la bale, et de la paille, les ouvriers lancent le tout en l’air à l’aide d’une grande fourche ou d’une pelle. Le vent emporte la bale et la paille. Le grain, qui est plus lourd, retombe au sol.


15, 16. a) Que se passe-​t-​il sur l’aire de battage ? b) Comment Boaz se rend-​il compte que Ruth est allongée à ses pieds ?


15 Ruth observe discrètement ce qui se passe. Le travail touche à sa fin. Boaz supervise le vannage de son grain. Après avoir mangé avec appétit, il s’allonge près du grand tas de céréales. Apparemment, cette pratique courante permet de protéger la récolte contre les voleurs. Boaz s’est installé pour la nuit. C’est le moment de mettre à exécution le plan de Naomi.


16 Ruth s’approche. Son cœur bat à toute vitesse. L’homme dort profondément. Comme Naomi le lui a demandé, elle découvre les pieds de Boaz et se couche là. Le temps passe. Cette attente doit lui sembler une éternité. Enfin, vers minuit, Boaz s’étire. Tremblant de froid, il se redresse, sûrement pour recouvrir ses pieds. Mais il se rend compte que quelqu’un est près de lui. « Voyez, une femme était couchée à ses pieds ! » dit le récit (Ruth 3:8).


17. Qu’oublient ceux qui disent que Ruth a agi de façon déplacée ?


 17 « Qui es-​tu ? » demande Boaz. Une voix sans doute tremblante répond : « Je suis Ruth, ton esclave ; tu dois étendre sur ton esclave le pan de ton vêtement, car tu es racheteur » (Ruth 3:9). Des commentateurs modernes disent qu’il y a des sous-entendus d’ordre sexuel dans les actions et les paroles de Ruth. Mais ils oublient deux choses toutes simples. Premièrement, Ruth a agi selon les coutumes de l’époque, disparues depuis longtemps. Juger ce qu’elle a fait en fonction des valeurs perverties d’aujourd’hui n’a donc pas de sens. Deuxièmement, la réaction de Boaz montre clairement que pour lui l’attitude de Ruth était tout à fait pure et honorable.


Ruth parle à Boaz pendant la nuit

Ruth s’adresse à Boaz avec des mobiles purs et désintéressés.


18. a) Que dit Boaz à Ruth pour la rassurer ? b) À quoi Boaz fait-​il allusion ?


18 Le ton doux et apaisant de Boaz rassure probablement Ruth : « Bénie sois-​tu de Jéhovah, ma fille. Tu as montré ta bonté de cœur encore mieux la deuxième fois que la première, en ne courant pas après les jeunes gens, qu’ils soient d’humble condition ou riches » (Ruth 3:10). C’est en effet « la deuxième fois » que Ruth fait preuve d’amour fidèle. « La première », c’est lorsqu’elle est partie en Israël avec Naomi pour prendre soin d’elle. Boaz est conscient qu’une jeune femme comme Ruth aurait très bien pu se chercher un mari beaucoup plus jeune, riche ou pauvre. Au lieu de cela, elle veut faire du bien non seulement à Naomi, mais aussi au mari décédé de Naomi. Elle souhaite perpétuer le nom d’Élimélek. Pas étonnant que Boaz soit impressionné par cette jeune femme qui fait passer les intérêts des autres avant les siens !


19, 20. a) Pourquoi Boaz n’accepte-​t-​il pas tout de suite d’épouser Ruth ? b) Quelles attentions Boaz a-​t-​il pour Ruth ?


19 Boaz poursuit : « Et maintenant, ma fille, n’aie pas peur. Tout ce que tu diras, je le ferai pour toi, car tout le monde dans la porte de mon peuple sait que tu es une excellente femme » (Ruth 3:11). Il se réjouit à l’idée d’épouser Ruth. Peut-être qu’il n’est pas totalement surpris par cette demande de rachat. Cela dit, Boaz est quelqu’un de droit. Il ne va pas agir uniquement selon sa préférence. Il informe Ruth qu’il existe un racheteur plus proche que lui dans la famille du mari de Naomi. Il va  tout d’abord aller voir cet homme pour lui proposer d’épouser Ruth.


Ruth s’est fait une excellente réputation en traitant les autres avec bonté et respect.


20 Boaz demande à Ruth de se recoucher et de se reposer jusqu’au matin. Elle pourra alors rentrer chez elle sans être remarquée. Il souhaite protéger la réputation de Ruth ainsi que la sienne ; les gens pourraient les accuser d’avoir commis un acte immoral. Ruth se recouche donc aux pieds de Boaz. Elle est certainement plus détendue maintenant qu’elle a reçu de lui une réponse si gentille. Puis, avant le lever du jour, elle se lève. Boaz remplit la cape de Ruth d’une bonne mesure d’orge, et elle retourne à Bethléhem (lire Ruth 3:13-15).


21. a) Pourquoi Ruth est-​elle connue comme « une excellente femme » ? b) Comment pouvons-​nous l’imiter ?


21 Quelle satisfaction pour Ruth de repenser à ce que Boaz lui a dit ! Elle est connue parmi le peuple comme « une excellente femme ». Il y a de grandes chances que son vif désir de connaître Jéhovah et de le servir y soit pour quelque chose. Elle a également fait preuve d’une grande bonté et de beaucoup de sensibilité envers Naomi et son peuple, notamment en s’adaptant volontiers à un nouveau mode de vie et à des coutumes qui lui étaient étrangères. Pour imiter la foi de Ruth, respectons profondément nos semblables, quels que soient leurs modes de vie et leurs coutumes. Cela nous vaudra certainement une bonne réputation.


Un lieu de repos pour Ruth

22, 23. a) Quelle est peut-être la signification des « six mesures » données à Ruth ? (voir la note). b) Que conseille Naomi à Ruth ?


22 Lorsque Ruth arrive, Naomi lui demande : « Qui es-​tu ma fille ? » Pourquoi cette question ? Peut-être parce qu’il fait encore sombre ou qu’elle souhaite savoir si la situation de Ruth est sur le point de changer et si un mariage se prépare. Ruth raconte immédiatement à sa belle-mère tout ce qui s’est passé. Elle lui montre aussi la belle quantité d’orge que Boaz lui a offerte * (Ruth 3:16, 17).


23 Naomi conseille à Ruth de rester tranquillement à la maison ce jour-​là au lieu d’aller glaner. Elle affirme : « Cet homme  n’aura de repos qu’il n’ait terminé l’affaire aujourd’hui même » (Ruth 3:18).


24, 25. a) Pourquoi peut-​on dire que Boaz est un homme droit qui fait passer les intérêts des autres avant les siens ? b) Comment Jéhovah a-​t-​il béni Ruth ?


24 Naomi ne s’est pas trompée. Boaz se rend à la porte de la ville, où les anciens ont l’habitude de se réunir. Il attend que le parent le plus proche d’Élimélek passe par là. Devant témoins, Boaz lui offre la possibilité d’être le racheteur et d’épouser Ruth. Mais l’homme refuse parce qu’il a peur de ruiner son propre héritage. Boaz annonce alors à tous qu’il sera le racheteur : il achètera tout ce qui appartenait à Élimélek et épousera Ruth, la veuve de Malhôn, qui était fils d’Élimélek. Il explique qu’il désire ainsi « faire se lever le nom du mort sur son héritage » (Ruth 4:1-10). C’est véritablement un homme droit qui fait passer les intérêts des autres avant les siens.


25 Ruth se marie avec Boaz. Le récit ajoute : « Jéhovah lui accorda de concevoir et elle mit au monde un fils. » Les femmes de Bethléhem reconnaissent que Naomi est bénie et que Ruth vaut mieux pour elle que sept fils. Le fils de Ruth sera un ancêtre du célèbre roi David (Ruth 4:11-22). Et David sera un ancêtre de Jésus Christ * (Mat. 1:1).


Naomi tient le fils de Ruth et Boaz dans ses bras ; d’autres personnes regardent l’enfant

Jéhovah a béni Ruth en lui accordant l’honneur d’être une ancêtre du Messie.


26. Que nous rappellent les exemples de Ruth et de Naomi ?


26 Ruth a vraiment été bénie. Naomi aussi. Elle a en effet participé à l’éducation de l’enfant comme si c’était le sien. Les exemples de ces deux femmes nous rappellent que Jéhovah remarque tous ceux qui le servent fidèlement parmi son peuple et qui humblement travaillent dur pour prendre soin de leur famille. Comme le mont re l’histoire de Boaz, de Naomi et de Ruth, il récompense toujours les hommes et les femmes de foi.

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Muinjilisti kutoka kwa Yesu Kristo kwa watu, Habari Njema ninayo itangaza imeanzishwa na Yesu Kristo mwenyewe ndiye Bwana na Mwokozi wetu wa pekee. Utukufu na heshima ni vyake milele na milele.

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