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SAMUEL observe les visages des Israélites. La nation s’est rassemblée à Guilgal, convoquée par cet homme de foi qui est juge et prophète depuis des dizaines d’années. C’est le mois de mai ou de juin. La saison sèche est bien avancée. Dans les champs dorés alentour, le blé est prêt à être moissonné. La foule fait silence. Comment Samuel va-​t-​il toucher les cœurs ?

Les Israélites ne saisissent pas la gravité de leur situation. Ils réclament un roi humain. Ils ne se rendent pas compte qu’ils manquent sérieusement de respect envers leur Dieu, Jéhovah, et son prophète. En quelque sorte, c’est Jéhovah qu’ils rejettent en tant que Roi ! Comment Samuel peut-​il les amener à se repentir ?

Samuel nous montre comment bâtir notre foi et résister à de mauvaises influences.

3, 4. a) Pourquoi Samuel parle-​t-​il de sa jeunesse ? b) Pourquoi l’exemple de foi de Samuel nous est-​il utile ?

Le prophète prend la parole : « J’ai vieilli et blanchi. » Ses cheveux blancs donnent du poids à ses mots. Il ajoute : « J’ai marché devant vous depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour » (1 Sam. 11:14, 15 ; 12:2). Il est âgé, mais il n’a pas oublié son passé. Ses souvenirs sont très nets. Grâce aux décisions qu’il a prises tout jeune, il a mené une vie marquée par la foi et l’attachement à Jéhovah.

Samuel a bâti et entretenu sa foi alors qu’il était entouré de personnes infidèles. Aujourd’hui, il est tout aussi difficile d’entretenir notre foi dans un monde éloigné de Dieu et corrompu (lire Luc 18:8). Voyons ce que nous  pouvons apprendre de Samuel, en commençant par sa petite enfance.

Garçon, il « servait devant Jéhovah »

5, 6. a) Pourquoi l’enfance de Samuel n’est-​elle pas habituelle ? b) Pourquoi les parents de Samuel sont-​ils sûrs qu’on prend soin de lui ?

Samuel n’a pas une enfance habituelle. Peu après avoir été sevré, vers l’âge de trois ans ou un peu plus, il commence à servir Jéhovah au tabernacle à Shilo, à une trentaine de kilomètres de sa ville natale, Rama. Ses parents, Elqana et Hanna, l’ont en effet voué à Jéhovah afin qu’il le serve de façon particulière : ils ont fait de lui un naziréen à vie *. Cela signifie-​t-​il que Samuel est rejeté par des parents qui ne l’aiment pas ?

Absolument pas ! Elqana et Hanna savent qu’à Shilo, on prend soin de leur fils. Le grand prêtre Éli y veille sûrement, car Samuel collabore de près avec lui. Par ailleurs, un certain nombre de femmes effectuent un service, manifestement organisé, au tabernacle (Ex. 38:8 ; Juges 11:34-40).

7, 8. a) Comment les parents de Samuel l’encouragent-​ils année après année ? b) Quel exemple Hanna et Elqana ont-​ils laissé aux parents ?

Hanna et Elqana n’oublient pas leur cher fils aîné, dont la naissance était la réponse à une prière. Hanna avait demandé un fils et avait promis de le vouer à Dieu pour qu’il le serve toute sa vie. Chaque année, lorsqu’elle vient le voir, elle lui apporte un manteau sans manches qu’elle lui a fait pour son service au tabernacle. Le petit garçon doit être ravi de ces visites. Sans aucun doute, il s’épanouit grâce aux encouragements et aux conseils affectueux de ses parents, qui lui rappellent tout l’honneur qu’il a de servir Jéhovah dans ce lieu incomparable.

À notre époque, les parents ont beaucoup à apprendre de Hanna et d’Elqana. Certains concentrent tous leurs efforts sur les questions matérielles et négligent la spiritualité de leurs enfants. Les parents de Samuel ont quant à eux donné la priorité aux choses spirituelles, ce qui a largement déterminé le genre d’homme que leur fils est devenu (lire Proverbes 22:6).

9, 10. a) Décris le tabernacle et les sentiments de Samuel pour ce lieu sacré (voir aussi la note). b) Quelles responsabilités Samuel a-​t-​il sans doute ? c) À ton avis, comment les jeunes peuvent-​ils imiter Samuel ?

Samuel grandit. Imagine-​le en train d’explorer les collines autour de Shilo. Il regarde la ville et la vallée qui s’étend sur un  côté. Lorsqu’il voit le tabernacle de Jéhovah *, son cœur se gonfle de joie et de fierté. C’est vraiment un lieu sacré : construit environ 400 ans plus tôt sous la direction de Moïse lui-​même, le tabernacle est l’unique centre du culte pur au monde !

10 Le jeune Samuel aime de plus en plus le tabernacle. Il écrira plus tard qu’il « servait devant Jéhovah, comme un garçon ceint d’un éphod de lin » (1 Sam. 2:18). Cet éphod, un vêtement simple sans manches, indique que Samuel aide les prêtres au tabernacle. Même s’il n’est pas prêtre, il accomplit certaines tâches, comme ouvrir chaque matin les portes donnant sur la cour et s’occuper du vieil Éli. Mais il a beau apprécier ses privilèges, ce garçon innocent finit par être perturbé. Il se passe quelque chose de vraiment anormal dans la maison de Jéhovah.

Pur malgré la corruption

11, 12. a) Quelle erreur commettent Hophni et Phinéas ? b) Comment la méchanceté et la corruption de Hophni et Phinéas se manifestent-​elles ? (voir aussi la note).

11 Tout jeune, Samuel est confronté à la méchanceté et à la corruption. Éli a deux fils, Hophni et Phinéas, au sujet desquels le récit déclare : « Les fils d’Éli étaient des vauriens ; ils ne reconnaissaient pas Jéhovah » (1 Sam. 2:12). Les deux idées de ce verset sont liées. Hophni et Phinéas sont des « vauriens », littéralement des « fils de néant », parce qu’ils n’ont aucun respect pour Jéhovah. Ils n’accordent aucune importance à ses principes et exigences justes. Cette erreur est à l’origine de tous leurs autres péchés.

12 La Loi de Dieu définit précisément les devoirs des prêtres et la façon dont ils doivent offrir les sacrifices au tabernacle. Et pour cause ! Ces sacrifices représentent les dispositions que Dieu a prises pour le pardon des péchés, afin que les Israélites soient purs à ses yeux, dignes de sa bénédiction et de sa direction. Mais Hophni et Phinéas  incitent les autres prêtres à traiter les offrandes sans le moindre respect *.

13, 14. a) Quel effet ce qui se passe au tabernacle a-​t-​il sur les personnes sincères ? b) Pourquoi peut-​on dire qu’Éli manque à ses responsabilités de grand prêtre et de père ?

13 Représente-​toi le jeune Samuel ouvrant de grands yeux devant de tels abus qui restent impunis. Combien de gens — dont des pauvres, des humbles, des opprimés — voit-​il arriver au tabernacle de Dieu dans l’espoir d’être réconfortés et fortifiés, mais repartir déçus, blessés ou humiliés ? Et quels sont ses sentiments lorsqu’il apprend que Hophni et Phinéas méprisent aussi les lois de Jéhovah sur la morale sexuelle en ayant des rapports avec des femmes accomplissant un service au tabernacle ? (1 Sam. 2:22). Peut-être espère-​t-​il qu’Éli va faire quelque chose.

La méchanceté des fils d’Éli doit beaucoup perturber Samuel.

14 En effet, Éli est le mieux placé pour redresser cette situation de plus en plus critique. En tant que grand prêtre, il est responsable de ce qui se passe au tabernacle. En tant que père, il a l’obligation de corriger ses fils. Ne se font-​ils pas du tort, à eux et à bien d’autres dans le pays ? Toutefois, Éli manque à ses responsabilités, tant de grand prêtre que de père. Il ne réprimande ses fils que mollement (lire 1 Samuel 2:23-25). Or ceux-ci ont besoin d’une correction bien plus ferme. Les péchés qu’ils commettent sont punissables de mort !

15. Quel puissant message de condamnation Jéhovah adresse-​t-​il à Éli, et comment Éli et sa famille réagissent-​ils ?

15 La situation se dégrade à tel point que Jéhovah envoie « un homme de Dieu », un prophète anonyme, pour adresser à Éli un puissant message de condamnation. « Pourquoi continues-​tu d’honorer tes fils plus que moi ? » reproche Jéhovah au grand prêtre. Il lui annonce que ses fils corrompus mourront le même jour, que sa famille subira de grandes souffrances et qu’elle perdra sa position privilégiée parmi les prêtres. Cet avertissement très clair fait-​il réagir Éli et sa famille ? Le récit ne signale aucun changement dans leur état d’esprit (1 Sam. 2:27–3:1).

16. a) Quelles bonnes nouvelles le récit nous apprend-​il au sujet de Samuel ? b) Pourquoi trouves-​tu ces nouvelles encourageantes ?

 16 Quel effet toute cette corruption a-​t-​elle sur Samuel ? De bonnes nouvelles concernant ses progrès éclairent régulièrement ce sombre récit. Souviens-​toi, en 1 Samuel 2:18, nous avons lu que le garçon « servait devant Jéhovah », avec foi et fidélité. Même jeune, il fait du service de Dieu sa priorité. Le verset 21 donne un détail encore plus réjouissant : « Le garçon Samuel grandissait auprès de Jéhovah. » Tandis qu’il grandit, ses liens avec son Père céleste se resserrent. Des relations étroites avec Jéhovah sont la meilleure protection contre n’importe quelle forme de corruption.

17, 18. a) Face à la corruption de leur entourage, comment les jeunes chrétiens peuvent-​ils imiter Samuel ? b) Quel est le résultat de la fidélité de Samuel ?

17 Samuel pourrait facilement penser : « Si le grand prêtre et ses fils cèdent au péché, moi aussi je peux faire ce que je veux. » Mais la corruption des autres, y compris de ceux qui ont une certaine autorité, n’est jamais une excuse pour pécher. De nos jours, beaucoup de jeunes chrétiens imitent Samuel : ils « grandiss[ent] auprès de Jéhovah », même s’ils n’ont pas que de bons exemples dans leur entourage.

18 Quel est le résultat de la fidélité de Samuel ? « Pendant ce temps, le garçon Samuel grandissait et devenait de plus en plus attachant, tant du point de vue de Jéhovah que de celui des hommes » (1 Sam. 2:26). Il est aimé, au moins par ceux dont l’opinion est importante pour lui. Jéhovah lui-​même aime ce garçon pour sa fidélité. Samuel sait que son Dieu va agir contre  toute la méchanceté qui se commet à Shilo, mais il se demande peut-être quand. Une nuit, il reçoit une réponse...

« Parle, car ton serviteur écoute »

19, 20. a) Qu’arrive-​t-​il à Samuel alors qu’il est couché ? b) Comment Samuel traite-​t-​il Éli ? c) Comment Samuel comprend-​il qui l’a appelé ?

19 Le matin approche, mais il fait encore noir. La grande lampe, dont la lumière vacillante éclaire le tabernacle, n’est pas éteinte. Dans le silence, une voix appelle Samuel. Il pense que c’est Éli, à présent très âgé et presque aveugle. Il se lève et court vers lui. Le vois-​tu se précipiter, pieds nus, pour demander au vieil homme de quoi il a besoin ? Il est touchant de constater que Samuel le traite avec respect et bonté. Malgré ses nombreux péchés, Éli est toujours le grand prêtre de Jéhovah (1 Sam. 3:2-5).

20 Samuel le réveille, en disant : « Me voici, car tu m’as appelé. » Éli répond que non, et le renvoie au lit. La même chose se produit une deuxième, puis une troisième fois ! Finalement, Éli discerne ce qui se passe. Jéhovah ne parle plus très souvent à son peuple par des visions ou des messages prophétiques. Rien d’étonnant à cela. Mais Éli comprend que Jéhovah va de nouveau parler, maintenant à cet enfant ! Il dit à Samuel de se recoucher et lui indique ce qu’il doit répondre. Le garçon obéit. Peu après, la voix l’appelle encore : « Samuel, Samuel ! » Il répond : « Parle, car ton serviteur écoute » (1 Sam. 3:1, 5-10).

21. Comment pouvons-​nous écouter Jéhovah aujourd’hui, et quel bienfait en retirons-​nous ?

21 Jéhovah a enfin à Shilo un serviteur qui l’écoute. Écouter Dieu devient pour Samuel une habitude de vie. Est-​ce aussi ton habitude ? Pas besoin d’attendre qu’une voix surnaturelle te parle la nuit. Aujourd’hui, Jéhovah communique avec toi constamment pour ainsi dire. Sa voix se fait entendre par sa Parole, la Bible, disponible en entier. Plus nous écoutons Dieu et lui obéissons, plus notre foi grandit. Le cas de Samuel en est la preuve.

Le jeune Samuel transmet à Éli le message de jugement de Jéhovah

Malgré sa peur, Samuel transmet fidèlement à Éli le message de condamnation de Jéhovah.

22, 23. a) Comment se réalise le message qu’au début Samuel a eu peur de porter à Éli ? b) Pourquoi la belle réputation de Samuel devient-​elle de plus en plus solide ?

22 Cette nuit à Shilo marque un tournant dans la vie de Samuel. Il commence alors à connaître Jéhovah de façon particulière : il est maintenant son prophète et son porte-parole. Au début, il a peur de porter à Éli le message de Jéhovah confirmant que la prophétie contre sa famille va sous peu se réaliser. Mais il rassemble son courage, et Éli accepte humblement le jugement divin. Bientôt, tout ce qu’a annoncé Jéhovah s’accomplit. Israël entre en  guerre contre les Philistins, Hophni et Phinéas sont tous les deux tués le même jour et Éli meurt en apprenant que l’arche de Jéhovah a été prise (1 Sam. 3:10-18 ; 4:1-18).

23 Quant à Samuel, sa réputation de prophète fidèle devient de plus en plus solide. « Jéhovah lui-​même était avec lui », dit le récit, ajoutant qu’il fait se réaliser toutes les prophéties de Samuel (lire 1 Samuel 3:19).

« Samuel appela Jéhovah »

24. Que désirent les Israélites, et pourquoi s’agit-​il d’un péché grave ?

24 Les Israélites suivent-​ils la direction de Samuel et se rapprochent-​ils de Jéhovah avec foi ? Non. Le temps passe, et ils ne veulent plus être jugés par un simple prophète ; ils désirent ressembler aux autres nations, avoir à leur tête un roi humain. Samuel écoute Jéhovah et accède à leur demande. Toutefois, il doit leur faire prendre conscience de la gravité de leur péché. Ce n’est pas un homme qu’ils rejettent, c’est Jéhovah lui-​même ! Samuel convoque donc le peuple à Guilgal.

Le prophète âgé Samuel regarde vers le ciel pendant un orage ; les personnes autour de lui sont effrayées

Samuel prie avec foi ; Jéhovah répond par un orage.

25, 26. Comment Samuel s’y prend-​il pour faire comprendre aux Israélites la gravité de leur péché ?

25 Rejoignons-​le en ce moment de grande tension. Le vieux prophète rappelle aux Israélites qu’il est resté intègre toute sa vie. Nous lisons ensuite : « Samuel appela Jéhovah. » Il lui demande un orage (1 Sam. 12:17, 18).

26 Un orage ? En pleine saison sèche ? Du jamais vu ! Si certains doutent ou se moquent, ils ne le font pas longtemps. Le ciel s’assombrit tout à coup. Le vent fouette les blés dans les champs. Le tonnerre retentit dans un grondement assourdissant. Il se met à pleuvoir. Résultat : « Le peuple craignit beaucoup Jéhovah et Samuel. » Les Israélites comprennent enfin qu’ils ont péché gravement (1 Sam. 12:18, 19).

27. Que fait Jéhovah pour ceux qui imitent la foi de Samuel ?

27 Ce n’est pas Samuel, mais Jéhovah qui a touché les cœurs rebelles des Israélites. Depuis sa jeunesse jusqu’à ses vieux jours, Samuel a eu foi en son Dieu, qui l’a récompensé. Jéhovah n’a pas changé. Il soutient toujours ceux qui imitent la foi de Samuel.





 RUTH se met à genoux près du tas de gerbes d’orge qu’elle a rassemblées. Le soir tombe sur les champs autour de Bethléhem. De nombreux moissonneurs retournent maintenant vers la porte de cette petite ville perchée sur le haut d’une colline. À la fin de cette longue journée de travail, Ruth est épuisée ; elle ne s’est presque pas arrêtée depuis le matin. Pourtant, elle commence à battre les tiges pour en séparer le grain avec un fléau, une sorte de bâton. Malgré tout, c’était une bonne journée, bien meilleure qu’elle ne l’avait imaginée.


2 La situation de cette jeune veuve va-​t-​elle enfin s’améliorer ? Comme l’a montré le chapitre précédent, elle s’est attachée à Naomi, sa belle-mère. Elle a fait le vœu de rester avec elle et d’adorer Jéhovah, le Dieu de Naomi. Les deux femmes endeuillées ont quitté Moab pour vivre à Bethléhem. Ruth, qui est moabite, a vite appris que la Loi de Jéhovah prévoit des dispositions pour que les pauvres en Israël, y compris les étrangers, gardent leur dignité. Mais elle découvre à présent que des serviteurs de Jéhovah mettent en pratique cette Loi et manifestent de la bonté. Voilà qui adoucit les souffrances de Ruth.


3, 4. a) Comment Boaz a-​t-​il encouragé Ruth ? b) Comment l’exemple de Ruth peut-​il nous aider en période de crise économique ?


3 Boaz, le riche propriétaire des champs qu’elle glane, est en effet un serviteur de Jéhovah. Aujourd’hui, cet homme d’âge mûr a agi comme un père avec elle. Elle ne peut s’empêcher de sourire intérieurement en pensant aux compliments qu’il lui a faits parce qu’elle s’occupe de Naomi et qu’elle a choisi de trouver refuge sous les ailes du vrai Dieu (lire Ruth 2:11-14).


4 Toutefois, il se peut que Ruth s’inquiète pour l’avenir. Elle qui est étrangère et pauvre, sans mari ni enfant, comment va-​t-​elle gagner sa vie et s’occuper de Naomi ? Le glanage sera-​t-​il  suffisant ? Et qui prendra soin d’elle quand elle vieillira ? Il est normal que ces questions la troublent. De nos jours, les conditions économiques sont difficiles, et beaucoup se posent le même genre de questions. Voyons comment la foi de Ruth l’a aidée à surmonter ses inquiétudes. Nous saurons alors comment l’imiter.


Qu’est-​ce qu’une famille ?

5, 6. a) À la fin de sa première journée dans les champs de Boaz, que rapporte Ruth à Naomi ? b) Comment Naomi réagit-​elle en voyant Ruth ?


5 Une fois que Ruth a fini de battre le grain et de le ramasser, elle se rend compte qu’elle a glané environ un épha d’orge, soit 22 litres. Le paquet doit peser une quinzaine de kilos ! Elle l’entoure peut-être d’un tissu et met le tout sur sa tête. Puis elle rentre à Bethléhem alors que la nuit s’installe (Ruth 2:17).


6 Naomi est heureuse de retrouver sa chère belle-fille. Elle est certainement surprise de voir son gros paquet d’orge. Ruth rapporte aussi des restes du déjeuner que Boaz a offert aux ouvriers. Elles auront de quoi partager un repas simple. « Où as-​tu glané aujourd’hui, demande Naomi, et où as-​tu travaillé ? Que celui qui t’a remarquée soit béni » (Ruth 2:19). Elle a le sens de l’observation : si Ruth a autant de provisions, c’est que quelqu’un l’a remarquée et a été bon avec elle.


7, 8. a) Pour Naomi, qui est derrière la bonté de Boaz, et pourquoi ? b) Comment Ruth continue-​t-​elle à manifester de l’amour fidèle à sa belle-mère ?


7 Au cours de leur conversation, Ruth raconte à Naomi ce que Boaz a fait. Touchée, Naomi s’exclame : « Béni soit-​il de Jéhovah, qui ne s’est pas départi de sa bonté de cœur envers les vivants et les morts * » (Ruth 2:20). Pour Naomi, c’est Jéhovah qui est derrière la bonté de Boaz. C’est lui qui incite ses serviteurs à être généreux et qui promet de récompenser leur bonté (lire Proverbes 19:17).


8 Naomi encourage Ruth à accepter la proposition de Boaz de glaner dans ses champs et près des jeunes femmes de sa maisonnée pour que les moissonneurs la laissent tranquille. Ruth suit ce conseil. Le récit indique également qu’elle continue d’habiter avec sa belle-mère (Ruth 2:22, 23). On reconnaît là encore  la grande qualité de Ruth : son amour fidèle. Comme elle, accordons-​nous du prix aux liens familiaux ? Soutenons-​nous nos proches avec amour et leur offrons-​nous l’aide dont ils ont besoin ? Jéhovah remarque toujours un tel amour fidèle.


Comme Ruth et Naomi, attachons-​nous aux membres de notre famille, quelle qu’elle soit.


9. Que nous apprennent Ruth et Naomi sur la notion de famille ?


9 Peut-​on dire que Ruth et Naomi formaient une famille ? Pour certains, qui dit famille dit forcément mari, femme, enfants, grands-parents, etc. Mais si chacun y met du sien, chaleur, bonté et amour peuvent régner même dans la plus petite des familles. Le cas de Ruth et Naomi en est la preuve. Es-​tu attaché aux membres de ta famille, quelle qu’elle soit ? Jésus a rappelé à ses disciples que ceux qui n’ont pas de famille peuvent en trouver une dans la congrégation (Marc 10:29, 30).


Ruth et Naomi partagent un repas simple

Ruth et Naomi s’entraident et s’encouragent.


« C’est un de nos racheteurs »

10. Comment Naomi veut-​elle aider Ruth ?


10 De la moisson des orges en avril jusqu’à celle des blés en juin, Ruth glane dans les champs de Boaz. Les semaines passent. Naomi pense sans doute à ce qu’elle pourrait faire pour sa belle-fille. En Moab, elle était convaincue qu’elle ne pourrait jamais aider Ruth à se remarier (Ruth 1:11-13). Mais maintenant, elle n’en est plus si sûre. « Ma fille, dit-​elle un jour à Ruth, ne dois-​je pas chercher pour toi un lieu de repos ? » (Ruth 3:1). La coutume à l’époque veut que les parents trouvent un conjoint pour leurs enfants. Naomi désire par conséquent procurer à Ruth, qui est devenue comme une fille pour elle, « un lieu de repos », autrement dit la sécurité et la protection qu’offrent un foyer et un mari. Que peut-​elle bien faire ?


11, 12. a) Lorsque Naomi parle de Boaz comme d’un « racheteur », à quoi fait-​elle allusion ? b) Comment Ruth réagit-​elle au conseil de sa belle-mère ?


11 La première fois que Ruth lui a parlé de Boaz, Naomi a précisé : « Cet homme est notre parent. C’est un de nos racheteurs » (Ruth 2:20). Qu’est-​ce que cela voulait dire ? La Loi d’Israël prévoyait une disposition pleine d’amour pour les familles qui souffraient en raison de la pauvreté ou d’un deuil. Pour une femme sans enfant, devenir veuve était particulièrement pénible. Cela signifiait que la lignée de son mari allait s’arrêter, que le nom de celui-ci allait être  « effacé ». Mais la Loi de Dieu permettait au frère du mort d’épouser la veuve. Celle-ci pouvait ainsi avoir un enfant qui perpétuerait le nom de son mari décédé et qui hériterait de la propriété familiale * (Deut. 25:5-7).


12 Naomi prépare donc un plan d’action. On imagine que Ruth ouvre tout grand les yeux lorsque sa belle-mère lui en parle. La Loi de Jéhovah est un peu nouvelle pour elle. La jeune femme ne connaît pas encore toutes les coutumes des Israélites. Mais comme elle a beaucoup de respect pour Naomi, elle l’écoute très attentivement. Ce que Naomi lui conseille de faire lui semble peut-être étrange, gênant, voire humiliant. Pourtant, Ruth accepte humblement : « Tout ce que tu me dis, je le ferai » (Ruth 3:5).


13. Quel exemple nous donne Ruth sur la façon de réagir aux conseils des plus âgés ? (voir aussi Job 12:12).


13 Les jeunes ont parfois du mal à écouter l’avis de ceux qui sont plus âgés et plus expérimentés. Ils pensent souvent que ceux qui sont plus vieux ne comprennent pas vraiment leurs difficultés. L’exemple d’humilité de Ruth nous rappelle qu’il est de notre intérêt d’écouter quelqu’un de sage qui nous aime et qui veut notre bien (lire Psaume 71:17, 18). Mais quel est le conseil de Naomi ? Sera-​t-​il vraiment utile à Ruth ?


 Sur l’aire de battage

14. Qu’est-​ce qu’une aire de battage ?


14 Ce soir-​là, Ruth va sur l’aire de battage, un endroit plat au sol tassé où les cultivateurs viennent battre et vanner leur grain. Cet endroit se situe généralement sur une colline, là où le vent souffle fort en fin de journée. Pour séparer le grain de son enveloppe, la bale, et de la paille, les ouvriers lancent le tout en l’air à l’aide d’une grande fourche ou d’une pelle. Le vent emporte la bale et la paille. Le grain, qui est plus lourd, retombe au sol.


15, 16. a) Que se passe-​t-​il sur l’aire de battage ? b) Comment Boaz se rend-​il compte que Ruth est allongée à ses pieds ?


15 Ruth observe discrètement ce qui se passe. Le travail touche à sa fin. Boaz supervise le vannage de son grain. Après avoir mangé avec appétit, il s’allonge près du grand tas de céréales. Apparemment, cette pratique courante permet de protéger la récolte contre les voleurs. Boaz s’est installé pour la nuit. C’est le moment de mettre à exécution le plan de Naomi.


16 Ruth s’approche. Son cœur bat à toute vitesse. L’homme dort profondément. Comme Naomi le lui a demandé, elle découvre les pieds de Boaz et se couche là. Le temps passe. Cette attente doit lui sembler une éternité. Enfin, vers minuit, Boaz s’étire. Tremblant de froid, il se redresse, sûrement pour recouvrir ses pieds. Mais il se rend compte que quelqu’un est près de lui. « Voyez, une femme était couchée à ses pieds ! » dit le récit (Ruth 3:8).


17. Qu’oublient ceux qui disent que Ruth a agi de façon déplacée ?


 17 « Qui es-​tu ? » demande Boaz. Une voix sans doute tremblante répond : « Je suis Ruth, ton esclave ; tu dois étendre sur ton esclave le pan de ton vêtement, car tu es racheteur » (Ruth 3:9). Des commentateurs modernes disent qu’il y a des sous-entendus d’ordre sexuel dans les actions et les paroles de Ruth. Mais ils oublient deux choses toutes simples. Premièrement, Ruth a agi selon les coutumes de l’époque, disparues depuis longtemps. Juger ce qu’elle a fait en fonction des valeurs perverties d’aujourd’hui n’a donc pas de sens. Deuxièmement, la réaction de Boaz montre clairement que pour lui l’attitude de Ruth était tout à fait pure et honorable.


Ruth parle à Boaz pendant la nuit

Ruth s’adresse à Boaz avec des mobiles purs et désintéressés.


18. a) Que dit Boaz à Ruth pour la rassurer ? b) À quoi Boaz fait-​il allusion ?


18 Le ton doux et apaisant de Boaz rassure probablement Ruth : « Bénie sois-​tu de Jéhovah, ma fille. Tu as montré ta bonté de cœur encore mieux la deuxième fois que la première, en ne courant pas après les jeunes gens, qu’ils soient d’humble condition ou riches » (Ruth 3:10). C’est en effet « la deuxième fois » que Ruth fait preuve d’amour fidèle. « La première », c’est lorsqu’elle est partie en Israël avec Naomi pour prendre soin d’elle. Boaz est conscient qu’une jeune femme comme Ruth aurait très bien pu se chercher un mari beaucoup plus jeune, riche ou pauvre. Au lieu de cela, elle veut faire du bien non seulement à Naomi, mais aussi au mari décédé de Naomi. Elle souhaite perpétuer le nom d’Élimélek. Pas étonnant que Boaz soit impressionné par cette jeune femme qui fait passer les intérêts des autres avant les siens !


19, 20. a) Pourquoi Boaz n’accepte-​t-​il pas tout de suite d’épouser Ruth ? b) Quelles attentions Boaz a-​t-​il pour Ruth ?


19 Boaz poursuit : « Et maintenant, ma fille, n’aie pas peur. Tout ce que tu diras, je le ferai pour toi, car tout le monde dans la porte de mon peuple sait que tu es une excellente femme » (Ruth 3:11). Il se réjouit à l’idée d’épouser Ruth. Peut-être qu’il n’est pas totalement surpris par cette demande de rachat. Cela dit, Boaz est quelqu’un de droit. Il ne va pas agir uniquement selon sa préférence. Il informe Ruth qu’il existe un racheteur plus proche que lui dans la famille du mari de Naomi. Il va  tout d’abord aller voir cet homme pour lui proposer d’épouser Ruth.


Ruth s’est fait une excellente réputation en traitant les autres avec bonté et respect.


20 Boaz demande à Ruth de se recoucher et de se reposer jusqu’au matin. Elle pourra alors rentrer chez elle sans être remarquée. Il souhaite protéger la réputation de Ruth ainsi que la sienne ; les gens pourraient les accuser d’avoir commis un acte immoral. Ruth se recouche donc aux pieds de Boaz. Elle est certainement plus détendue maintenant qu’elle a reçu de lui une réponse si gentille. Puis, avant le lever du jour, elle se lève. Boaz remplit la cape de Ruth d’une bonne mesure d’orge, et elle retourne à Bethléhem (lire Ruth 3:13-15).


21. a) Pourquoi Ruth est-​elle connue comme « une excellente femme » ? b) Comment pouvons-​nous l’imiter ?


21 Quelle satisfaction pour Ruth de repenser à ce que Boaz lui a dit ! Elle est connue parmi le peuple comme « une excellente femme ». Il y a de grandes chances que son vif désir de connaître Jéhovah et de le servir y soit pour quelque chose. Elle a également fait preuve d’une grande bonté et de beaucoup de sensibilité envers Naomi et son peuple, notamment en s’adaptant volontiers à un nouveau mode de vie et à des coutumes qui lui étaient étrangères. Pour imiter la foi de Ruth, respectons profondément nos semblables, quels que soient leurs modes de vie et leurs coutumes. Cela nous vaudra certainement une bonne réputation.


Un lieu de repos pour Ruth

22, 23. a) Quelle est peut-être la signification des « six mesures » données à Ruth ? (voir la note). b) Que conseille Naomi à Ruth ?


22 Lorsque Ruth arrive, Naomi lui demande : « Qui es-​tu ma fille ? » Pourquoi cette question ? Peut-être parce qu’il fait encore sombre ou qu’elle souhaite savoir si la situation de Ruth est sur le point de changer et si un mariage se prépare. Ruth raconte immédiatement à sa belle-mère tout ce qui s’est passé. Elle lui montre aussi la belle quantité d’orge que Boaz lui a offerte * (Ruth 3:16, 17).


23 Naomi conseille à Ruth de rester tranquillement à la maison ce jour-​là au lieu d’aller glaner. Elle affirme : « Cet homme  n’aura de repos qu’il n’ait terminé l’affaire aujourd’hui même » (Ruth 3:18).


24, 25. a) Pourquoi peut-​on dire que Boaz est un homme droit qui fait passer les intérêts des autres avant les siens ? b) Comment Jéhovah a-​t-​il béni Ruth ?


24 Naomi ne s’est pas trompée. Boaz se rend à la porte de la ville, où les anciens ont l’habitude de se réunir. Il attend que le parent le plus proche d’Élimélek passe par là. Devant témoins, Boaz lui offre la possibilité d’être le racheteur et d’épouser Ruth. Mais l’homme refuse parce qu’il a peur de ruiner son propre héritage. Boaz annonce alors à tous qu’il sera le racheteur : il achètera tout ce qui appartenait à Élimélek et épousera Ruth, la veuve de Malhôn, qui était fils d’Élimélek. Il explique qu’il désire ainsi « faire se lever le nom du mort sur son héritage » (Ruth 4:1-10). C’est véritablement un homme droit qui fait passer les intérêts des autres avant les siens.


25 Ruth se marie avec Boaz. Le récit ajoute : « Jéhovah lui accorda de concevoir et elle mit au monde un fils. » Les femmes de Bethléhem reconnaissent que Naomi est bénie et que Ruth vaut mieux pour elle que sept fils. Le fils de Ruth sera un ancêtre du célèbre roi David (Ruth 4:11-22). Et David sera un ancêtre de Jésus Christ * (Mat. 1:1).


Naomi tient le fils de Ruth et Boaz dans ses bras ; d’autres personnes regardent l’enfant

Jéhovah a béni Ruth en lui accordant l’honneur d’être une ancêtre du Messie.


26. Que nous rappellent les exemples de Ruth et de Naomi ?


26 Ruth a vraiment été bénie. Naomi aussi. Elle a en effet participé à l’éducation de l’enfant comme si c’était le sien. Les exemples de ces deux femmes nous rappellent que Jéhovah remarque tous ceux qui le servent fidèlement parmi son peuple et qui humblement travaillent dur pour prendre soin de leur famille. Comme le mont re l’histoire de Boaz, de Naomi et de Ruth, il récompense toujours les hommes et les femmes de foi.

 


RUTH marche près de Naomi sur une route qui traverse les hautes plaines de Moab, exposées au vent. Elles sont seules maintenant. Deux minuscules silhouettes dans un vaste paysage. Ruth remarque que les ombres se sont allongées, signe que l’après-midi touche à sa fin. Elle regarde sa belle-mère et se demande s’il n’est pas temps de chercher un endroit pour passer la nuit. Elle aime tendrement Naomi et ferait tout ce qu’elle peut pour prendre soin d’elle.

Les deux femmes ont déjà beaucoup souffert. Naomi est veuve depuis des années et, plus récemment, elle a perdu ses deux fils : Kiliôn et Mahlôn. Ruth aussi a du chagrin. Mahlôn était son mari. Elle et Naomi se dirigent vers la même destination : Bethléhem en Israël. Pourtant, ce voyage ne représente pas la même chose pour l’une et pour l’autre. Naomi rentre chez elle, alors que Ruth, qui est moabite, s’aventure vers l’inconnu. Elle laisse derrière elle sa famille, son pays, ses coutumes et ses dieux (lire Ruth 1:3-6).

3. Qu’est-​ce qui nous aidera à imiter la foi de Ruth ?

Qu’est-​ce qui pousse une jeune femme à faire d’aussi grands changements ? Comment Ruth va-​t-​elle trouver la force de reconstruire sa vie et de s’occuper de Naomi ? Les réponses à ces questions nous aideront à imiter la foi de Ruth (voir aussi l’encadré «  Un chef-d’œuvre miniature »). Voyons tout d’abord comment ces deux femmes se sont retrouvées sur cette longue route vers Bethléhem.

Une famille frappée par les malheurs

4, 5. a) Pourquoi la famille de Naomi est-​elle partie vivre en Moab ? b) Quelles épreuves Naomi a-​t-​elle connues en Moab ?

Ruth a grandi en Moab, un petit pays à l’est de la mer Morte. C’est principalement une région de hauts plateaux peu boisés et  creusés de profonds ravins. « Les campagnes de Moab » ont souvent été de bonnes terres pour l’agriculture, même quand il y avait la famine en Israël. D’ailleurs, c’est pour cette raison que Ruth a rencontré Malhôn et sa famille (Ruth 1:1).

Une famine a en effet décidé Élimélek et sa femme, Naomi, à quitter leur pays, Israël, pour aller vivre en Moab avec leurs deux fils. Ce déménagement a dû mettre à l’épreuve la foi de chaque membre de la famille, car les Israélites devaient régulièrement adorer Jéhovah à l’endroit qu’il avait choisi (Deut. 16:16, 17). Naomi a réussi à garder une foi forte. Mais cela ne l’a pas empêchée d’avoir beaucoup de chagrin à la mort de son mari (Ruth 1:2, 3).

6, 7. a) Pourquoi Naomi a-​t-​elle peut-être souffert quand ses fils ont épousé des Moabites ? b) Pourquoi la façon dont Naomi a traité ses belles-filles est-​elle admirable ?

Sans doute que Naomi a encore souffert quand plus tard ses fils ont épousé des Moabites (Ruth 1:4). Elle savait qu’Abraham, l’ancêtre de sa nation, avait fait beaucoup d’efforts pour trouver à son fils Isaac une femme parmi son peuple, une adoratrice de Jéhovah (Gen. 24:3, 4). Et puis, la Loi de Moïse avait averti les Israélites du danger de laisser leurs fils et leurs filles se marier avec des étrangers ; ceux-ci risquaient d’amener le peuple de Dieu à adorer des idoles (Deut. 7:3, 4).

Mahlôn et Kiliôn se sont pourtant mariés avec des Moabites. Que cela l’ait inquiétée ou déçue, Naomi a manifestement fait de son mieux pour traiter ses belles-filles, Ruth et Orpa, avec bonté et amour. Peut-être espérait-​elle que toutes les deux adoreraient un jour Jéhovah comme elle. Quoi qu’il en soit, tant Ruth qu’Orpa aimaient Naomi. Leurs bonnes relations leur ont été précieuses lorsque le malheur a frappé ; les deux jeunes femmes sont devenues veuves avant d’avoir eu des enfants (Ruth 1:5).

8. Qu’est-​ce qui a peut-être attiré Ruth vers Jéhovah ?

La religion de Ruth l’a-​t-​elle préparée à faire face à un tel drame ? Difficile à croire. Les Moabites adoraient de nombreux dieux, dont le principal était Kemosh (Nomb. 21:29). La brutalité et les horreurs courantes à l’époque, comme les sacrifices d’enfants, se retrouvaient apparemment dans la religion moabite. Ce que Ruth a appris de Mahlôn ou de Naomi sur Jéhovah l’a certainement surprise ! Le Dieu d’Israël est plein d’amour et de miséricorde. Il ne domine pas par la terreur, mais avec amour (lire Deutéronome 6:5). Après la mort de son mari, Ruth a dû se rapprocher de Naomi et écouter volontiers cette femme âgée parler de Jéhovah, des œuvres merveilleuses de ce Dieu  Tout-Puissant, ainsi que de son amour et de sa miséricorde envers son peuple.

Face au deuil, Ruth et Naomi se prennent dans les bras

Face au deuil, Ruth a la sagesse de se rapprocher de Naomi.

9-11. a) Quelle décision Naomi, Ruth et Orpa ont-​elles prise ? b) Que nous enseignent les malheurs qui ont touché Naomi, Ruth et Orpa ?

Naomi aimait avoir des nouvelles de son pays. Un jour, elle a appris, peut-être par un marchand de passage, que la famine était terminée en Israël. Jéhovah s’était occupé de son peuple. Une fois de plus, Bethléhem méritait bien son nom, qui signifie « Maison du Pain ». Naomi a décidé de retourner chez elle (Ruth 1:6).

10 Qu’allaient faire Ruth et Orpa ? (Ruth 1:7). Leur épreuve les avait rapprochées de leur belle-mère. Ruth en particulier semblait attirée par la bonté de Naomi et la fermeté de sa foi en Jéhovah. Les trois veuves se sont mises en route pour Bethléhem en Juda.

11 Le livre de Ruth nous rappelle que le malheur frappe autant ceux qui font le bien que ceux qui font le mal (Eccl. 9:2, 11). Il nous montre également que face à la perte insupportable d’un être cher, il est sage de chercher du réconfort, surtout auprès de ceux qui trouvent refuge en Jéhovah, le Dieu que Naomi adorait (Prov. 17:17).

L’amour fidèle de Ruth

12, 13. a) Pourquoi Naomi veut-​elle que Ruth et Orpa retournent chez elles ? b) Comment les deux jeunes femmes réagissent-​elles ?

12 À mesure que les trois veuves parcourent les kilomètres qui les séparent de leur destination, quelque chose préoccupe Naomi. Elle pense aux deux jeunes femmes à ses côtés et à l’amour qu’elles ont eu pour elle et ses fils. Elle a peur d’alourdir leur charge. Si ses deux belles-filles quittent leur pays et viennent avec elle, que pourra-​t-​elle faire pour elles à Bethléhem ?

13 Elle finit par s’exprimer : « Allez, retournez chacune à la maison de sa mère. Que Jéhovah use de bonté de cœur envers vous, comme vous en avez usé envers ces hommes qui sont morts maintenant et envers moi-​même. » Elle souhaite également que  Jéhovah les récompense en donnant à chacune d’elles un nouveau mari et une nouvelle vie. « Puis elle les embrassa, nous dit le récit ; alors elles élevèrent la voix et se mirent à pleurer. » On comprend facilement pourquoi Ruth et Orpa sont si attachées à cette femme dévouée et pleine de bonté. Toutes deux la supplient : « Non, mais nous retournerons avec toi vers ton peuple » (Ruth 1:8-10).

14, 15. a) Vers quoi Orpa retourne-​t-​elle ? b) Comment Naomi essaie-​t-​elle de persuader Ruth de la quitter ?

14 Naomi insiste. Elle explique avec fermeté à ses belles-filles qu’elle ne leur sera d’aucune aide en Israël. En effet, elle n’a plus de mari qui s’occupe d’elle ni de fils à leur donner en mariage, et les choses ne risquent pas de changer ! Elle confie que cette situation est source d’amertume pour elle. Orpa se laisse convaincre. En Moab, sa famille, sa mère et un foyer l’attendent. Il lui paraît plus raisonnable de rester dans son pays. Le cœur gros, elle embrasse Naomi et fait demi-tour (Ruth 1:11-14).

15 Ruth est également concernée par les arguments de Naomi. Pourtant, que fait-​elle ? Le récit nous apprend qu’elle s’attache à sa belle-mère. Lorsque Naomi, qui s’est probablement remise en chemin, s’aperçoit que Ruth la suit, elle lui fait remarquer : « Regarde, ta belle-sœur veuve est retournée vers son peuple et vers ses dieux. Retourne avec ta belle-sœur » (Ruth 1:15). Les paroles de Naomi révèlent un détail essentiel. Orpa est retournée non seulement vers son peuple, mais aussi vers « ses dieux ». Elle restera une adoratrice de Kemosh et d’autres faux dieux. Ruth fera-​t-​elle le même choix ?

16-18. a) Comment Ruth fait-​elle preuve d’amour fidèle ? b) Que nous enseigne l’amour fidèle de Ruth ? (voir aussi les images représentant les deux femmes).

 16 Sur cette route isolée, Ruth répond à Naomi sans aucune hésitation. Elle déborde d’amour pour sa belle-mère — et pour le Dieu que celle-ci adore. Voilà pourquoi elle dit : « Ne me presse pas de t’abandonner, de m’en retourner d’auprès de toi ; car là où tu iras j’irai, et là où tu passeras la nuit je passerai la nuit. Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu mon Dieu. Là où tu mourras je mourrai, et c’est là que je serai enterrée. Qu’ainsi me fasse Jéhovah et qu’il y ajoute, si autre chose que la mort venait à causer une séparation entre moi et toi » (Ruth 1:16, 17).

Ruth dit à Naomi : « Là où tu iras j’irai. »

« Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu mon Dieu. »

17 Les paroles de Ruth sont tellement remarquables que 3 000 ans après avoir été prononcées, elles n’ont rien perdu de leur force. Elles reflètent à merveille une qualité précieuse : l’amour fidèle. Ruth suivra Naomi où qu’elle aille. Seule la mort pourra les séparer. Le peuple de Naomi deviendra son peuple, car Ruth est prête à laisser derrière elle la vie qu’elle menait en Moab, et même les dieux moabites. Contrairement à Orpa, Ruth peut dire de tout cœur qu’elle souhaite que Jéhovah, le Dieu de Naomi, soit également son Dieu *.

18 Ruth et Naomi poursuivent donc leur voyage, à deux, sur l’interminable route menant à Bethléhem. Certains pensent que le trajet a pu prendre jusqu’à une semaine. Mais chacune trouve sans doute en la compagnie de l’autre un certain réconfort face au chagrin.

19. Comment imiter l’amour fidèle de Ruth dans la famille, dans la congrégation et en amitié ?

19 Les sources de chagrin ne manquent pas aujourd’hui. Nous vivons des « temps critiques, difficiles à supporter », qui nous apportent toutes sortes de malheurs et de souffrances (2 Tim. 3:1). Il est donc très important de cultiver la même qualité que Ruth : l’amour fidèle. C’est le genre d’amour qui s’attache à celui qui en est l’objet et qui refuse de le lâcher. Cet amour nous donne la force de faire le bien dans ce monde triste. Il est nécessaire dans le couple, la famille, la congrégation chrétienne et en amitié (lire 1 Jean 4:7, 8, 20). En le cultivant, nous imitons l’excellent exemple de Ruth.

 Ruth et Naomi à Bethléhem

20-22. a) Quel effet la vie en Moab a-​t-​elle eu sur Naomi ? b) Que s’imagine Naomi en rapport avec ses épreuves ? (voir aussi Jacques 1:13).

20 Exprimer son amour fidèle par des mots est une chose ; le prouver par des actes en est une autre. Ruth a maintenant la possibilité de démontrer son amour fidèle non seulement pour Naomi, mais aussi pour le Dieu qu’elle a choisi, Jéhovah.

21 Ruth et Naomi arrivent enfin à Bethléhem. Il semble qu’à une époque Naomi et sa famille étaient des gens en vue dans ce village situé à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem. La nouvelle du retour de Naomi provoque d’ailleurs une grande agitation. Les femmes la regardent et se demandent si c’est bien elle. Apparemment, son séjour en Moab l’a beaucoup changée. Son visage et son allure sont marquées par des années d’épreuves et de chagrin (Ruth 1:19).

22 Naomi confie à ses parentes et à ses voisines d’autrefois combien la vie est devenue amère pour elle. Elle voudrait même que son nom, qui signifie « Mon charme », soit changé en Mara, qui signifie « Amère ». Pauvre Naomi ! Elle pense, comme Job bien avant elle, que c’est Jéhovah qui a causé ses épreuves (Ruth 1:20, 21 ; Job 2:10 ; 13:24-26).

23. a) À quoi Ruth réfléchit-​elle ? b) Que prévoit la Loi de Moïse pour les pauvres ? (voir aussi la note).

23 Alors que les deux femmes s’installent à Bethléhem, Ruth réfléchit à la meilleure façon de gagner sa vie et de prendre soin de Naomi. Elle apprend que la Loi donnée par Jéhovah aux Israélites prévoit une disposition bienveillante pour les pauvres. Cette Loi les autorise au moment de la récolte à glaner, c’est-à-dire à passer derrière les moissonneurs pour ramasser les épis qu’ils ont laissés et ce qui a poussé aux bords des champs * (Lév. 19:9, 10 ; Deut. 24:19-21).

24, 25. a) Que fait Ruth après s’être retrouvée par hasard dans les champs de Boaz ? b) Quels efforts faut-​il faire pour glaner ?

 24 C’est le moment de la moisson de l’orge, qui correspond probablement au mois d’avril. Ruth va aux champs pour voir qui la laissera glaner. Elle se retrouve par hasard sur les terres d’un certain Boaz, un riche propriétaire. Il est de la famille d’Élimélek, à qui Naomi était mariée. Même si la Loi lui donne le droit de glaner, Ruth ne considère pas que c’est un dû. Elle demande la permission au jeune homme responsable des moissonneurs. Il la lui accorde, et Ruth se met immédiatement au travail (Ruth 1:22–2:3, 7).

25 L’imagines-​tu en train de glaner ? Pendant que les moissonneurs coupent l’orge à la faucille, elle se baisse pour ramasser les épis tombés au sol ou ceux qu’ils ont laissés, elle lie les tiges en gerbes et les apporte à un endroit où elle pourra plus tard battre le grain. C’est un travail interminable et de plus en plus pénible à mesure que la matinée avance. Mais Ruth est courageuse. Elle ne s’arrête que pour essuyer la sueur de son front ou pour prendre un petit repas dans « la maison », certainement l’abri aménagé pour offrir de l’ombre aux ouvriers.

Dans un champ, Ruth ramasse humblement les épis derrière les moissonneurs

Ruth est prête à travailler dur pour gagner sa vie et prendre soin de Naomi.

26, 27. a) Quel genre d’homme est Boaz ? b) Comment Boaz traite-​t-​il Ruth ?

26 Rien n’indique que Ruth s’attende à être remarquée. Pourtant, Boaz se renseigne sur elle auprès du responsable de la moisson. Homme d’une grande foi, il salue ses ouvriers en leur disant : « Jéhovah soit avec vous. » Il se peut que certains soient embauchés pour la journée et que d’autres soient des étrangers. Tous lui retournent sa bénédiction. Boaz est un homme d’âge mûr  qui aime Jéhovah. Il s’intéresse à Ruth comme le ferait un père (Ruth 2:4-7).

27 S’adressant à elle en l’appelant « ma fille », Boaz lui recommande de continuer à venir glaner dans ses champs et de rester près des jeunes femmes de sa maisonnée pour que les ouvriers la laissent tranquille. Il lui donne ensuite de quoi déjeuner (lire Ruth 2:8, 9, 14). Mais il veut surtout la féliciter et l’encourager.

28, 29. a) Quelle est la réputation de Ruth ? b) Comment peux-​tu toi aussi te réfugier en Jéhovah ?

28 Ruth demande à Boaz ce qu’elle a bien pu faire pour mériter tant de gentillesse, alors qu’elle est une étrangère. Il lui répond qu’il est au courant de tout ce qu’elle a fait pour sa belle-mère. Certainement que Naomi a dit du bien de sa chère Ruth aux femmes de Bethléhem et que ses paroles sont venues aux oreilles de Boaz. Il sait aussi que Ruth s’est mise à adorer Jéhovah, car il dit : « Que Jéhovah rétribue ta manière d’agir, et qu’il y ait pour toi un salaire parfait de la part de Jéhovah le Dieu d’Israël, sous les ailes de qui tu es venue chercher refuge » (Ruth 2:12).

29 Quel encouragement pour Ruth ! Elle a en effet choisi de se réfugier sous les ailes de Jéhovah, comme un petit oiseau se blottit contre son père ou sa mère pour être protégé. Elle remercie Boaz de l’avoir rassurée. Puis elle travaille jusqu’au soir (Ruth 2:13, 17).

30, 31. Quel exemple Ruth nous a-​t-​elle laissé pour ce qui est des habitudes de travail, de la reconnaissance et de l’amour fidèle ?

30 Ruth est un magnifique exemple de foi pour tous ceux qui ont des difficultés en cette période de crise économique. Comme elle ne partait pas du principe qu’on lui devait quoi que ce soit, elle était reconnaissante pour tout ce qui était fait pour elle. Elle n’a pas eu honte d’accomplir une tâche humble et pénible pour prendre soin de sa chère Naomi. Elle a volontiers appliqué les conseils sages qu’elle a reçus pour travailler en toute sécurité et en bonne compagnie. Par-dessus tout, elle n’a jamais perdu de vue qui était son véritable refuge : son Père protecteur, Jéhovah.

31 Si nous imitons Ruth en faisant preuve d’amour fidèle, d’humilité, d’ardeur au travail et de reconnaissance, nous serons également un exemple de foi. Mais de quelle façon Jéhovah s’est-​il occupé de Ruth et de Naomi ? Nous en parlerons dans le chapitre suivant.

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