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 RUTH se met à genoux près du tas de gerbes d’orge qu’elle a rassemblées. Le soir tombe sur les champs autour de Bethléhem. De nombreux moissonneurs retournent maintenant vers la porte de cette petite ville perchée sur le haut d’une colline. À la fin de cette longue journée de travail, Ruth est épuisée ; elle ne s’est presque pas arrêtée depuis le matin. Pourtant, elle commence à battre les tiges pour en séparer le grain avec un fléau, une sorte de bâton. Malgré tout, c’était une bonne journée, bien meilleure qu’elle ne l’avait imaginée.


2 La situation de cette jeune veuve va-​t-​elle enfin s’améliorer ? Comme l’a montré le chapitre précédent, elle s’est attachée à Naomi, sa belle-mère. Elle a fait le vœu de rester avec elle et d’adorer Jéhovah, le Dieu de Naomi. Les deux femmes endeuillées ont quitté Moab pour vivre à Bethléhem. Ruth, qui est moabite, a vite appris que la Loi de Jéhovah prévoit des dispositions pour que les pauvres en Israël, y compris les étrangers, gardent leur dignité. Mais elle découvre à présent que des serviteurs de Jéhovah mettent en pratique cette Loi et manifestent de la bonté. Voilà qui adoucit les souffrances de Ruth.


3, 4. a) Comment Boaz a-​t-​il encouragé Ruth ? b) Comment l’exemple de Ruth peut-​il nous aider en période de crise économique ?


3 Boaz, le riche propriétaire des champs qu’elle glane, est en effet un serviteur de Jéhovah. Aujourd’hui, cet homme d’âge mûr a agi comme un père avec elle. Elle ne peut s’empêcher de sourire intérieurement en pensant aux compliments qu’il lui a faits parce qu’elle s’occupe de Naomi et qu’elle a choisi de trouver refuge sous les ailes du vrai Dieu (lire Ruth 2:11-14).


4 Toutefois, il se peut que Ruth s’inquiète pour l’avenir. Elle qui est étrangère et pauvre, sans mari ni enfant, comment va-​t-​elle gagner sa vie et s’occuper de Naomi ? Le glanage sera-​t-​il  suffisant ? Et qui prendra soin d’elle quand elle vieillira ? Il est normal que ces questions la troublent. De nos jours, les conditions économiques sont difficiles, et beaucoup se posent le même genre de questions. Voyons comment la foi de Ruth l’a aidée à surmonter ses inquiétudes. Nous saurons alors comment l’imiter.


Qu’est-​ce qu’une famille ?

5, 6. a) À la fin de sa première journée dans les champs de Boaz, que rapporte Ruth à Naomi ? b) Comment Naomi réagit-​elle en voyant Ruth ?


5 Une fois que Ruth a fini de battre le grain et de le ramasser, elle se rend compte qu’elle a glané environ un épha d’orge, soit 22 litres. Le paquet doit peser une quinzaine de kilos ! Elle l’entoure peut-être d’un tissu et met le tout sur sa tête. Puis elle rentre à Bethléhem alors que la nuit s’installe (Ruth 2:17).


6 Naomi est heureuse de retrouver sa chère belle-fille. Elle est certainement surprise de voir son gros paquet d’orge. Ruth rapporte aussi des restes du déjeuner que Boaz a offert aux ouvriers. Elles auront de quoi partager un repas simple. « Où as-​tu glané aujourd’hui, demande Naomi, et où as-​tu travaillé ? Que celui qui t’a remarquée soit béni » (Ruth 2:19). Elle a le sens de l’observation : si Ruth a autant de provisions, c’est que quelqu’un l’a remarquée et a été bon avec elle.


7, 8. a) Pour Naomi, qui est derrière la bonté de Boaz, et pourquoi ? b) Comment Ruth continue-​t-​elle à manifester de l’amour fidèle à sa belle-mère ?


7 Au cours de leur conversation, Ruth raconte à Naomi ce que Boaz a fait. Touchée, Naomi s’exclame : « Béni soit-​il de Jéhovah, qui ne s’est pas départi de sa bonté de cœur envers les vivants et les morts * » (Ruth 2:20). Pour Naomi, c’est Jéhovah qui est derrière la bonté de Boaz. C’est lui qui incite ses serviteurs à être généreux et qui promet de récompenser leur bonté (lire Proverbes 19:17).


8 Naomi encourage Ruth à accepter la proposition de Boaz de glaner dans ses champs et près des jeunes femmes de sa maisonnée pour que les moissonneurs la laissent tranquille. Ruth suit ce conseil. Le récit indique également qu’elle continue d’habiter avec sa belle-mère (Ruth 2:22, 23). On reconnaît là encore  la grande qualité de Ruth : son amour fidèle. Comme elle, accordons-​nous du prix aux liens familiaux ? Soutenons-​nous nos proches avec amour et leur offrons-​nous l’aide dont ils ont besoin ? Jéhovah remarque toujours un tel amour fidèle.


Comme Ruth et Naomi, attachons-​nous aux membres de notre famille, quelle qu’elle soit.


9. Que nous apprennent Ruth et Naomi sur la notion de famille ?


9 Peut-​on dire que Ruth et Naomi formaient une famille ? Pour certains, qui dit famille dit forcément mari, femme, enfants, grands-parents, etc. Mais si chacun y met du sien, chaleur, bonté et amour peuvent régner même dans la plus petite des familles. Le cas de Ruth et Naomi en est la preuve. Es-​tu attaché aux membres de ta famille, quelle qu’elle soit ? Jésus a rappelé à ses disciples que ceux qui n’ont pas de famille peuvent en trouver une dans la congrégation (Marc 10:29, 30).


Ruth et Naomi partagent un repas simple

Ruth et Naomi s’entraident et s’encouragent.


« C’est un de nos racheteurs »

10. Comment Naomi veut-​elle aider Ruth ?


10 De la moisson des orges en avril jusqu’à celle des blés en juin, Ruth glane dans les champs de Boaz. Les semaines passent. Naomi pense sans doute à ce qu’elle pourrait faire pour sa belle-fille. En Moab, elle était convaincue qu’elle ne pourrait jamais aider Ruth à se remarier (Ruth 1:11-13). Mais maintenant, elle n’en est plus si sûre. « Ma fille, dit-​elle un jour à Ruth, ne dois-​je pas chercher pour toi un lieu de repos ? » (Ruth 3:1). La coutume à l’époque veut que les parents trouvent un conjoint pour leurs enfants. Naomi désire par conséquent procurer à Ruth, qui est devenue comme une fille pour elle, « un lieu de repos », autrement dit la sécurité et la protection qu’offrent un foyer et un mari. Que peut-​elle bien faire ?


11, 12. a) Lorsque Naomi parle de Boaz comme d’un « racheteur », à quoi fait-​elle allusion ? b) Comment Ruth réagit-​elle au conseil de sa belle-mère ?


11 La première fois que Ruth lui a parlé de Boaz, Naomi a précisé : « Cet homme est notre parent. C’est un de nos racheteurs » (Ruth 2:20). Qu’est-​ce que cela voulait dire ? La Loi d’Israël prévoyait une disposition pleine d’amour pour les familles qui souffraient en raison de la pauvreté ou d’un deuil. Pour une femme sans enfant, devenir veuve était particulièrement pénible. Cela signifiait que la lignée de son mari allait s’arrêter, que le nom de celui-ci allait être  « effacé ». Mais la Loi de Dieu permettait au frère du mort d’épouser la veuve. Celle-ci pouvait ainsi avoir un enfant qui perpétuerait le nom de son mari décédé et qui hériterait de la propriété familiale * (Deut. 25:5-7).


12 Naomi prépare donc un plan d’action. On imagine que Ruth ouvre tout grand les yeux lorsque sa belle-mère lui en parle. La Loi de Jéhovah est un peu nouvelle pour elle. La jeune femme ne connaît pas encore toutes les coutumes des Israélites. Mais comme elle a beaucoup de respect pour Naomi, elle l’écoute très attentivement. Ce que Naomi lui conseille de faire lui semble peut-être étrange, gênant, voire humiliant. Pourtant, Ruth accepte humblement : « Tout ce que tu me dis, je le ferai » (Ruth 3:5).


13. Quel exemple nous donne Ruth sur la façon de réagir aux conseils des plus âgés ? (voir aussi Job 12:12).


13 Les jeunes ont parfois du mal à écouter l’avis de ceux qui sont plus âgés et plus expérimentés. Ils pensent souvent que ceux qui sont plus vieux ne comprennent pas vraiment leurs difficultés. L’exemple d’humilité de Ruth nous rappelle qu’il est de notre intérêt d’écouter quelqu’un de sage qui nous aime et qui veut notre bien (lire Psaume 71:17, 18). Mais quel est le conseil de Naomi ? Sera-​t-​il vraiment utile à Ruth ?


 Sur l’aire de battage

14. Qu’est-​ce qu’une aire de battage ?


14 Ce soir-​là, Ruth va sur l’aire de battage, un endroit plat au sol tassé où les cultivateurs viennent battre et vanner leur grain. Cet endroit se situe généralement sur une colline, là où le vent souffle fort en fin de journée. Pour séparer le grain de son enveloppe, la bale, et de la paille, les ouvriers lancent le tout en l’air à l’aide d’une grande fourche ou d’une pelle. Le vent emporte la bale et la paille. Le grain, qui est plus lourd, retombe au sol.


15, 16. a) Que se passe-​t-​il sur l’aire de battage ? b) Comment Boaz se rend-​il compte que Ruth est allongée à ses pieds ?


15 Ruth observe discrètement ce qui se passe. Le travail touche à sa fin. Boaz supervise le vannage de son grain. Après avoir mangé avec appétit, il s’allonge près du grand tas de céréales. Apparemment, cette pratique courante permet de protéger la récolte contre les voleurs. Boaz s’est installé pour la nuit. C’est le moment de mettre à exécution le plan de Naomi.


16 Ruth s’approche. Son cœur bat à toute vitesse. L’homme dort profondément. Comme Naomi le lui a demandé, elle découvre les pieds de Boaz et se couche là. Le temps passe. Cette attente doit lui sembler une éternité. Enfin, vers minuit, Boaz s’étire. Tremblant de froid, il se redresse, sûrement pour recouvrir ses pieds. Mais il se rend compte que quelqu’un est près de lui. « Voyez, une femme était couchée à ses pieds ! » dit le récit (Ruth 3:8).


17. Qu’oublient ceux qui disent que Ruth a agi de façon déplacée ?


 17 « Qui es-​tu ? » demande Boaz. Une voix sans doute tremblante répond : « Je suis Ruth, ton esclave ; tu dois étendre sur ton esclave le pan de ton vêtement, car tu es racheteur » (Ruth 3:9). Des commentateurs modernes disent qu’il y a des sous-entendus d’ordre sexuel dans les actions et les paroles de Ruth. Mais ils oublient deux choses toutes simples. Premièrement, Ruth a agi selon les coutumes de l’époque, disparues depuis longtemps. Juger ce qu’elle a fait en fonction des valeurs perverties d’aujourd’hui n’a donc pas de sens. Deuxièmement, la réaction de Boaz montre clairement que pour lui l’attitude de Ruth était tout à fait pure et honorable.


Ruth parle à Boaz pendant la nuit

Ruth s’adresse à Boaz avec des mobiles purs et désintéressés.


18. a) Que dit Boaz à Ruth pour la rassurer ? b) À quoi Boaz fait-​il allusion ?


18 Le ton doux et apaisant de Boaz rassure probablement Ruth : « Bénie sois-​tu de Jéhovah, ma fille. Tu as montré ta bonté de cœur encore mieux la deuxième fois que la première, en ne courant pas après les jeunes gens, qu’ils soient d’humble condition ou riches » (Ruth 3:10). C’est en effet « la deuxième fois » que Ruth fait preuve d’amour fidèle. « La première », c’est lorsqu’elle est partie en Israël avec Naomi pour prendre soin d’elle. Boaz est conscient qu’une jeune femme comme Ruth aurait très bien pu se chercher un mari beaucoup plus jeune, riche ou pauvre. Au lieu de cela, elle veut faire du bien non seulement à Naomi, mais aussi au mari décédé de Naomi. Elle souhaite perpétuer le nom d’Élimélek. Pas étonnant que Boaz soit impressionné par cette jeune femme qui fait passer les intérêts des autres avant les siens !


19, 20. a) Pourquoi Boaz n’accepte-​t-​il pas tout de suite d’épouser Ruth ? b) Quelles attentions Boaz a-​t-​il pour Ruth ?


19 Boaz poursuit : « Et maintenant, ma fille, n’aie pas peur. Tout ce que tu diras, je le ferai pour toi, car tout le monde dans la porte de mon peuple sait que tu es une excellente femme » (Ruth 3:11). Il se réjouit à l’idée d’épouser Ruth. Peut-être qu’il n’est pas totalement surpris par cette demande de rachat. Cela dit, Boaz est quelqu’un de droit. Il ne va pas agir uniquement selon sa préférence. Il informe Ruth qu’il existe un racheteur plus proche que lui dans la famille du mari de Naomi. Il va  tout d’abord aller voir cet homme pour lui proposer d’épouser Ruth.


Ruth s’est fait une excellente réputation en traitant les autres avec bonté et respect.


20 Boaz demande à Ruth de se recoucher et de se reposer jusqu’au matin. Elle pourra alors rentrer chez elle sans être remarquée. Il souhaite protéger la réputation de Ruth ainsi que la sienne ; les gens pourraient les accuser d’avoir commis un acte immoral. Ruth se recouche donc aux pieds de Boaz. Elle est certainement plus détendue maintenant qu’elle a reçu de lui une réponse si gentille. Puis, avant le lever du jour, elle se lève. Boaz remplit la cape de Ruth d’une bonne mesure d’orge, et elle retourne à Bethléhem (lire Ruth 3:13-15).


21. a) Pourquoi Ruth est-​elle connue comme « une excellente femme » ? b) Comment pouvons-​nous l’imiter ?


21 Quelle satisfaction pour Ruth de repenser à ce que Boaz lui a dit ! Elle est connue parmi le peuple comme « une excellente femme ». Il y a de grandes chances que son vif désir de connaître Jéhovah et de le servir y soit pour quelque chose. Elle a également fait preuve d’une grande bonté et de beaucoup de sensibilité envers Naomi et son peuple, notamment en s’adaptant volontiers à un nouveau mode de vie et à des coutumes qui lui étaient étrangères. Pour imiter la foi de Ruth, respectons profondément nos semblables, quels que soient leurs modes de vie et leurs coutumes. Cela nous vaudra certainement une bonne réputation.


Un lieu de repos pour Ruth

22, 23. a) Quelle est peut-être la signification des « six mesures » données à Ruth ? (voir la note). b) Que conseille Naomi à Ruth ?


22 Lorsque Ruth arrive, Naomi lui demande : « Qui es-​tu ma fille ? » Pourquoi cette question ? Peut-être parce qu’il fait encore sombre ou qu’elle souhaite savoir si la situation de Ruth est sur le point de changer et si un mariage se prépare. Ruth raconte immédiatement à sa belle-mère tout ce qui s’est passé. Elle lui montre aussi la belle quantité d’orge que Boaz lui a offerte * (Ruth 3:16, 17).


23 Naomi conseille à Ruth de rester tranquillement à la maison ce jour-​là au lieu d’aller glaner. Elle affirme : « Cet homme  n’aura de repos qu’il n’ait terminé l’affaire aujourd’hui même » (Ruth 3:18).


24, 25. a) Pourquoi peut-​on dire que Boaz est un homme droit qui fait passer les intérêts des autres avant les siens ? b) Comment Jéhovah a-​t-​il béni Ruth ?


24 Naomi ne s’est pas trompée. Boaz se rend à la porte de la ville, où les anciens ont l’habitude de se réunir. Il attend que le parent le plus proche d’Élimélek passe par là. Devant témoins, Boaz lui offre la possibilité d’être le racheteur et d’épouser Ruth. Mais l’homme refuse parce qu’il a peur de ruiner son propre héritage. Boaz annonce alors à tous qu’il sera le racheteur : il achètera tout ce qui appartenait à Élimélek et épousera Ruth, la veuve de Malhôn, qui était fils d’Élimélek. Il explique qu’il désire ainsi « faire se lever le nom du mort sur son héritage » (Ruth 4:1-10). C’est véritablement un homme droit qui fait passer les intérêts des autres avant les siens.


25 Ruth se marie avec Boaz. Le récit ajoute : « Jéhovah lui accorda de concevoir et elle mit au monde un fils. » Les femmes de Bethléhem reconnaissent que Naomi est bénie et que Ruth vaut mieux pour elle que sept fils. Le fils de Ruth sera un ancêtre du célèbre roi David (Ruth 4:11-22). Et David sera un ancêtre de Jésus Christ * (Mat. 1:1).


Naomi tient le fils de Ruth et Boaz dans ses bras ; d’autres personnes regardent l’enfant

Jéhovah a béni Ruth en lui accordant l’honneur d’être une ancêtre du Messie.


26. Que nous rappellent les exemples de Ruth et de Naomi ?


26 Ruth a vraiment été bénie. Naomi aussi. Elle a en effet participé à l’éducation de l’enfant comme si c’était le sien. Les exemples de ces deux femmes nous rappellent que Jéhovah remarque tous ceux qui le servent fidèlement parmi son peuple et qui humblement travaillent dur pour prendre soin de leur famille. Comme le mont re l’histoire de Boaz, de Naomi et de Ruth, il récompense toujours les hommes et les femmes de foi.

 


RUTH marche près de Naomi sur une route qui traverse les hautes plaines de Moab, exposées au vent. Elles sont seules maintenant. Deux minuscules silhouettes dans un vaste paysage. Ruth remarque que les ombres se sont allongées, signe que l’après-midi touche à sa fin. Elle regarde sa belle-mère et se demande s’il n’est pas temps de chercher un endroit pour passer la nuit. Elle aime tendrement Naomi et ferait tout ce qu’elle peut pour prendre soin d’elle.

Les deux femmes ont déjà beaucoup souffert. Naomi est veuve depuis des années et, plus récemment, elle a perdu ses deux fils : Kiliôn et Mahlôn. Ruth aussi a du chagrin. Mahlôn était son mari. Elle et Naomi se dirigent vers la même destination : Bethléhem en Israël. Pourtant, ce voyage ne représente pas la même chose pour l’une et pour l’autre. Naomi rentre chez elle, alors que Ruth, qui est moabite, s’aventure vers l’inconnu. Elle laisse derrière elle sa famille, son pays, ses coutumes et ses dieux (lire Ruth 1:3-6).

3. Qu’est-​ce qui nous aidera à imiter la foi de Ruth ?

Qu’est-​ce qui pousse une jeune femme à faire d’aussi grands changements ? Comment Ruth va-​t-​elle trouver la force de reconstruire sa vie et de s’occuper de Naomi ? Les réponses à ces questions nous aideront à imiter la foi de Ruth (voir aussi l’encadré «  Un chef-d’œuvre miniature »). Voyons tout d’abord comment ces deux femmes se sont retrouvées sur cette longue route vers Bethléhem.

Une famille frappée par les malheurs

4, 5. a) Pourquoi la famille de Naomi est-​elle partie vivre en Moab ? b) Quelles épreuves Naomi a-​t-​elle connues en Moab ?

Ruth a grandi en Moab, un petit pays à l’est de la mer Morte. C’est principalement une région de hauts plateaux peu boisés et  creusés de profonds ravins. « Les campagnes de Moab » ont souvent été de bonnes terres pour l’agriculture, même quand il y avait la famine en Israël. D’ailleurs, c’est pour cette raison que Ruth a rencontré Malhôn et sa famille (Ruth 1:1).

Une famine a en effet décidé Élimélek et sa femme, Naomi, à quitter leur pays, Israël, pour aller vivre en Moab avec leurs deux fils. Ce déménagement a dû mettre à l’épreuve la foi de chaque membre de la famille, car les Israélites devaient régulièrement adorer Jéhovah à l’endroit qu’il avait choisi (Deut. 16:16, 17). Naomi a réussi à garder une foi forte. Mais cela ne l’a pas empêchée d’avoir beaucoup de chagrin à la mort de son mari (Ruth 1:2, 3).

6, 7. a) Pourquoi Naomi a-​t-​elle peut-être souffert quand ses fils ont épousé des Moabites ? b) Pourquoi la façon dont Naomi a traité ses belles-filles est-​elle admirable ?

Sans doute que Naomi a encore souffert quand plus tard ses fils ont épousé des Moabites (Ruth 1:4). Elle savait qu’Abraham, l’ancêtre de sa nation, avait fait beaucoup d’efforts pour trouver à son fils Isaac une femme parmi son peuple, une adoratrice de Jéhovah (Gen. 24:3, 4). Et puis, la Loi de Moïse avait averti les Israélites du danger de laisser leurs fils et leurs filles se marier avec des étrangers ; ceux-ci risquaient d’amener le peuple de Dieu à adorer des idoles (Deut. 7:3, 4).

Mahlôn et Kiliôn se sont pourtant mariés avec des Moabites. Que cela l’ait inquiétée ou déçue, Naomi a manifestement fait de son mieux pour traiter ses belles-filles, Ruth et Orpa, avec bonté et amour. Peut-être espérait-​elle que toutes les deux adoreraient un jour Jéhovah comme elle. Quoi qu’il en soit, tant Ruth qu’Orpa aimaient Naomi. Leurs bonnes relations leur ont été précieuses lorsque le malheur a frappé ; les deux jeunes femmes sont devenues veuves avant d’avoir eu des enfants (Ruth 1:5).

8. Qu’est-​ce qui a peut-être attiré Ruth vers Jéhovah ?

La religion de Ruth l’a-​t-​elle préparée à faire face à un tel drame ? Difficile à croire. Les Moabites adoraient de nombreux dieux, dont le principal était Kemosh (Nomb. 21:29). La brutalité et les horreurs courantes à l’époque, comme les sacrifices d’enfants, se retrouvaient apparemment dans la religion moabite. Ce que Ruth a appris de Mahlôn ou de Naomi sur Jéhovah l’a certainement surprise ! Le Dieu d’Israël est plein d’amour et de miséricorde. Il ne domine pas par la terreur, mais avec amour (lire Deutéronome 6:5). Après la mort de son mari, Ruth a dû se rapprocher de Naomi et écouter volontiers cette femme âgée parler de Jéhovah, des œuvres merveilleuses de ce Dieu  Tout-Puissant, ainsi que de son amour et de sa miséricorde envers son peuple.

Face au deuil, Ruth et Naomi se prennent dans les bras

Face au deuil, Ruth a la sagesse de se rapprocher de Naomi.

9-11. a) Quelle décision Naomi, Ruth et Orpa ont-​elles prise ? b) Que nous enseignent les malheurs qui ont touché Naomi, Ruth et Orpa ?

Naomi aimait avoir des nouvelles de son pays. Un jour, elle a appris, peut-être par un marchand de passage, que la famine était terminée en Israël. Jéhovah s’était occupé de son peuple. Une fois de plus, Bethléhem méritait bien son nom, qui signifie « Maison du Pain ». Naomi a décidé de retourner chez elle (Ruth 1:6).

10 Qu’allaient faire Ruth et Orpa ? (Ruth 1:7). Leur épreuve les avait rapprochées de leur belle-mère. Ruth en particulier semblait attirée par la bonté de Naomi et la fermeté de sa foi en Jéhovah. Les trois veuves se sont mises en route pour Bethléhem en Juda.

11 Le livre de Ruth nous rappelle que le malheur frappe autant ceux qui font le bien que ceux qui font le mal (Eccl. 9:2, 11). Il nous montre également que face à la perte insupportable d’un être cher, il est sage de chercher du réconfort, surtout auprès de ceux qui trouvent refuge en Jéhovah, le Dieu que Naomi adorait (Prov. 17:17).

L’amour fidèle de Ruth

12, 13. a) Pourquoi Naomi veut-​elle que Ruth et Orpa retournent chez elles ? b) Comment les deux jeunes femmes réagissent-​elles ?

12 À mesure que les trois veuves parcourent les kilomètres qui les séparent de leur destination, quelque chose préoccupe Naomi. Elle pense aux deux jeunes femmes à ses côtés et à l’amour qu’elles ont eu pour elle et ses fils. Elle a peur d’alourdir leur charge. Si ses deux belles-filles quittent leur pays et viennent avec elle, que pourra-​t-​elle faire pour elles à Bethléhem ?

13 Elle finit par s’exprimer : « Allez, retournez chacune à la maison de sa mère. Que Jéhovah use de bonté de cœur envers vous, comme vous en avez usé envers ces hommes qui sont morts maintenant et envers moi-​même. » Elle souhaite également que  Jéhovah les récompense en donnant à chacune d’elles un nouveau mari et une nouvelle vie. « Puis elle les embrassa, nous dit le récit ; alors elles élevèrent la voix et se mirent à pleurer. » On comprend facilement pourquoi Ruth et Orpa sont si attachées à cette femme dévouée et pleine de bonté. Toutes deux la supplient : « Non, mais nous retournerons avec toi vers ton peuple » (Ruth 1:8-10).

14, 15. a) Vers quoi Orpa retourne-​t-​elle ? b) Comment Naomi essaie-​t-​elle de persuader Ruth de la quitter ?

14 Naomi insiste. Elle explique avec fermeté à ses belles-filles qu’elle ne leur sera d’aucune aide en Israël. En effet, elle n’a plus de mari qui s’occupe d’elle ni de fils à leur donner en mariage, et les choses ne risquent pas de changer ! Elle confie que cette situation est source d’amertume pour elle. Orpa se laisse convaincre. En Moab, sa famille, sa mère et un foyer l’attendent. Il lui paraît plus raisonnable de rester dans son pays. Le cœur gros, elle embrasse Naomi et fait demi-tour (Ruth 1:11-14).

15 Ruth est également concernée par les arguments de Naomi. Pourtant, que fait-​elle ? Le récit nous apprend qu’elle s’attache à sa belle-mère. Lorsque Naomi, qui s’est probablement remise en chemin, s’aperçoit que Ruth la suit, elle lui fait remarquer : « Regarde, ta belle-sœur veuve est retournée vers son peuple et vers ses dieux. Retourne avec ta belle-sœur » (Ruth 1:15). Les paroles de Naomi révèlent un détail essentiel. Orpa est retournée non seulement vers son peuple, mais aussi vers « ses dieux ». Elle restera une adoratrice de Kemosh et d’autres faux dieux. Ruth fera-​t-​elle le même choix ?

16-18. a) Comment Ruth fait-​elle preuve d’amour fidèle ? b) Que nous enseigne l’amour fidèle de Ruth ? (voir aussi les images représentant les deux femmes).

 16 Sur cette route isolée, Ruth répond à Naomi sans aucune hésitation. Elle déborde d’amour pour sa belle-mère — et pour le Dieu que celle-ci adore. Voilà pourquoi elle dit : « Ne me presse pas de t’abandonner, de m’en retourner d’auprès de toi ; car là où tu iras j’irai, et là où tu passeras la nuit je passerai la nuit. Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu mon Dieu. Là où tu mourras je mourrai, et c’est là que je serai enterrée. Qu’ainsi me fasse Jéhovah et qu’il y ajoute, si autre chose que la mort venait à causer une séparation entre moi et toi » (Ruth 1:16, 17).

Ruth dit à Naomi : « Là où tu iras j’irai. »

« Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu mon Dieu. »

17 Les paroles de Ruth sont tellement remarquables que 3 000 ans après avoir été prononcées, elles n’ont rien perdu de leur force. Elles reflètent à merveille une qualité précieuse : l’amour fidèle. Ruth suivra Naomi où qu’elle aille. Seule la mort pourra les séparer. Le peuple de Naomi deviendra son peuple, car Ruth est prête à laisser derrière elle la vie qu’elle menait en Moab, et même les dieux moabites. Contrairement à Orpa, Ruth peut dire de tout cœur qu’elle souhaite que Jéhovah, le Dieu de Naomi, soit également son Dieu *.

18 Ruth et Naomi poursuivent donc leur voyage, à deux, sur l’interminable route menant à Bethléhem. Certains pensent que le trajet a pu prendre jusqu’à une semaine. Mais chacune trouve sans doute en la compagnie de l’autre un certain réconfort face au chagrin.

19. Comment imiter l’amour fidèle de Ruth dans la famille, dans la congrégation et en amitié ?

19 Les sources de chagrin ne manquent pas aujourd’hui. Nous vivons des « temps critiques, difficiles à supporter », qui nous apportent toutes sortes de malheurs et de souffrances (2 Tim. 3:1). Il est donc très important de cultiver la même qualité que Ruth : l’amour fidèle. C’est le genre d’amour qui s’attache à celui qui en est l’objet et qui refuse de le lâcher. Cet amour nous donne la force de faire le bien dans ce monde triste. Il est nécessaire dans le couple, la famille, la congrégation chrétienne et en amitié (lire 1 Jean 4:7, 8, 20). En le cultivant, nous imitons l’excellent exemple de Ruth.

 Ruth et Naomi à Bethléhem

20-22. a) Quel effet la vie en Moab a-​t-​elle eu sur Naomi ? b) Que s’imagine Naomi en rapport avec ses épreuves ? (voir aussi Jacques 1:13).

20 Exprimer son amour fidèle par des mots est une chose ; le prouver par des actes en est une autre. Ruth a maintenant la possibilité de démontrer son amour fidèle non seulement pour Naomi, mais aussi pour le Dieu qu’elle a choisi, Jéhovah.

21 Ruth et Naomi arrivent enfin à Bethléhem. Il semble qu’à une époque Naomi et sa famille étaient des gens en vue dans ce village situé à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem. La nouvelle du retour de Naomi provoque d’ailleurs une grande agitation. Les femmes la regardent et se demandent si c’est bien elle. Apparemment, son séjour en Moab l’a beaucoup changée. Son visage et son allure sont marquées par des années d’épreuves et de chagrin (Ruth 1:19).

22 Naomi confie à ses parentes et à ses voisines d’autrefois combien la vie est devenue amère pour elle. Elle voudrait même que son nom, qui signifie « Mon charme », soit changé en Mara, qui signifie « Amère ». Pauvre Naomi ! Elle pense, comme Job bien avant elle, que c’est Jéhovah qui a causé ses épreuves (Ruth 1:20, 21 ; Job 2:10 ; 13:24-26).

23. a) À quoi Ruth réfléchit-​elle ? b) Que prévoit la Loi de Moïse pour les pauvres ? (voir aussi la note).

23 Alors que les deux femmes s’installent à Bethléhem, Ruth réfléchit à la meilleure façon de gagner sa vie et de prendre soin de Naomi. Elle apprend que la Loi donnée par Jéhovah aux Israélites prévoit une disposition bienveillante pour les pauvres. Cette Loi les autorise au moment de la récolte à glaner, c’est-à-dire à passer derrière les moissonneurs pour ramasser les épis qu’ils ont laissés et ce qui a poussé aux bords des champs * (Lév. 19:9, 10 ; Deut. 24:19-21).

24, 25. a) Que fait Ruth après s’être retrouvée par hasard dans les champs de Boaz ? b) Quels efforts faut-​il faire pour glaner ?

 24 C’est le moment de la moisson de l’orge, qui correspond probablement au mois d’avril. Ruth va aux champs pour voir qui la laissera glaner. Elle se retrouve par hasard sur les terres d’un certain Boaz, un riche propriétaire. Il est de la famille d’Élimélek, à qui Naomi était mariée. Même si la Loi lui donne le droit de glaner, Ruth ne considère pas que c’est un dû. Elle demande la permission au jeune homme responsable des moissonneurs. Il la lui accorde, et Ruth se met immédiatement au travail (Ruth 1:22–2:3, 7).

25 L’imagines-​tu en train de glaner ? Pendant que les moissonneurs coupent l’orge à la faucille, elle se baisse pour ramasser les épis tombés au sol ou ceux qu’ils ont laissés, elle lie les tiges en gerbes et les apporte à un endroit où elle pourra plus tard battre le grain. C’est un travail interminable et de plus en plus pénible à mesure que la matinée avance. Mais Ruth est courageuse. Elle ne s’arrête que pour essuyer la sueur de son front ou pour prendre un petit repas dans « la maison », certainement l’abri aménagé pour offrir de l’ombre aux ouvriers.

Dans un champ, Ruth ramasse humblement les épis derrière les moissonneurs

Ruth est prête à travailler dur pour gagner sa vie et prendre soin de Naomi.

26, 27. a) Quel genre d’homme est Boaz ? b) Comment Boaz traite-​t-​il Ruth ?

26 Rien n’indique que Ruth s’attende à être remarquée. Pourtant, Boaz se renseigne sur elle auprès du responsable de la moisson. Homme d’une grande foi, il salue ses ouvriers en leur disant : « Jéhovah soit avec vous. » Il se peut que certains soient embauchés pour la journée et que d’autres soient des étrangers. Tous lui retournent sa bénédiction. Boaz est un homme d’âge mûr  qui aime Jéhovah. Il s’intéresse à Ruth comme le ferait un père (Ruth 2:4-7).

27 S’adressant à elle en l’appelant « ma fille », Boaz lui recommande de continuer à venir glaner dans ses champs et de rester près des jeunes femmes de sa maisonnée pour que les ouvriers la laissent tranquille. Il lui donne ensuite de quoi déjeuner (lire Ruth 2:8, 9, 14). Mais il veut surtout la féliciter et l’encourager.

28, 29. a) Quelle est la réputation de Ruth ? b) Comment peux-​tu toi aussi te réfugier en Jéhovah ?

28 Ruth demande à Boaz ce qu’elle a bien pu faire pour mériter tant de gentillesse, alors qu’elle est une étrangère. Il lui répond qu’il est au courant de tout ce qu’elle a fait pour sa belle-mère. Certainement que Naomi a dit du bien de sa chère Ruth aux femmes de Bethléhem et que ses paroles sont venues aux oreilles de Boaz. Il sait aussi que Ruth s’est mise à adorer Jéhovah, car il dit : « Que Jéhovah rétribue ta manière d’agir, et qu’il y ait pour toi un salaire parfait de la part de Jéhovah le Dieu d’Israël, sous les ailes de qui tu es venue chercher refuge » (Ruth 2:12).

29 Quel encouragement pour Ruth ! Elle a en effet choisi de se réfugier sous les ailes de Jéhovah, comme un petit oiseau se blottit contre son père ou sa mère pour être protégé. Elle remercie Boaz de l’avoir rassurée. Puis elle travaille jusqu’au soir (Ruth 2:13, 17).

30, 31. Quel exemple Ruth nous a-​t-​elle laissé pour ce qui est des habitudes de travail, de la reconnaissance et de l’amour fidèle ?

30 Ruth est un magnifique exemple de foi pour tous ceux qui ont des difficultés en cette période de crise économique. Comme elle ne partait pas du principe qu’on lui devait quoi que ce soit, elle était reconnaissante pour tout ce qui était fait pour elle. Elle n’a pas eu honte d’accomplir une tâche humble et pénible pour prendre soin de sa chère Naomi. Elle a volontiers appliqué les conseils sages qu’elle a reçus pour travailler en toute sécurité et en bonne compagnie. Par-dessus tout, elle n’a jamais perdu de vue qui était son véritable refuge : son Père protecteur, Jéhovah.

31 Si nous imitons Ruth en faisant preuve d’amour fidèle, d’humilité, d’ardeur au travail et de reconnaissance, nous serons également un exemple de foi. Mais de quelle façon Jéhovah s’est-​il occupé de Ruth et de Naomi ? Nous en parlerons dans le chapitre suivant.

 



ABRAHAM * entend des cris. Il lève les yeux vers la tour qui domine la ville d’Our et voit de la fumée en sortir. Les prêtres du dieu-lune sont encore en train d’offrir des sacrifices. Imagine Abraham qui poursuit son chemin, en secouant la tête. Pour rentrer chez lui, il doit passer par des rues pleines de monde. Il fronce les sourcils en pensant à l’idolâtrie si courante dans la ville. Le faux culte s’est tellement répandu depuis le Déluge !


2 Noé est mort deux ans avant la naissance d’Abraham. Après être sorti de l’arche, il a offert un sacrifice à Jéhovah, qui a ensuite fait apparaître un arc-en-ciel (Gen. 8:20 ; 9:12-14). À cette époque-​là, il n’existait qu’un seul culte, le culte pur. Mais dix générations plus tard, peu de personnes le pratiquent encore. Partout dans le monde, on adore d’autres dieux que Jéhovah. D’ailleurs, c’est le cas de Térah, le père d’Abraham, qui peut-être même fabrique des idoles (Jos. 24:2).


Pourquoi Abraham a-​t-​il une foi si forte ?


3. Qu’est-​ce qui rend Abraham différent, et de quel intérêt cela est-​il pour nous ?


3 Mais Abraham est différent. Plus le temps passe, plus il se démarque par sa foi. Sous inspiration divine, l’apôtre Paul l’appellera « le père de tous ceux qui ont foi » (lire Romains 4:11). Découvrons pourquoi Abraham mérite bien ce nom. Nous saurons alors comment fortifier notre foi.


 D’où vient sa foi ?

4, 5. Grâce à qui Abraham a-​t-​il peut-être appris à connaître Jéhovah ?


4 Comment Abraham a-​t-​il appris à connaître Jéhovah ? En ces jours-​là, Dieu a des serviteurs fidèles sur terre. Sem par exemple. Bien qu’il ne soit pas le plus âgé des trois fils de Noé, il est souvent mentionné en premier, probablement parce que sa foi est remarquable *. Après le Déluge, Noé a parlé de Jéhovah comme du « Dieu de Sem » (Gen. 9:26). C’est donc que Sem respecte Jéhovah et le culte pur.


5 Abraham a-​t-​il connu Sem ? C’est possible. Essaie d’imaginer Abraham petit garçon. Il doit être émerveillé d’avoir dans sa famille quelqu’un qui a vu plus de 400 ans d’histoire : le monde violent avec les Nephilim, le Déluge, le repeuplement de la terre, la formation des premières nations, la tour de Babel... À ce propos, Sem, lui, n’a pas pris part à la rébellion de Nimrod. Par conséquent, lorsque Jéhovah a confondu les langues des constructeurs, Sem et sa famille ont continué de parler la première langue des hommes, celle de Noé. En grandissant, Abraham a dû développer beaucoup d’admiration pour Sem. De plus, celui-ci est mort alors qu’Abraham était âgé. Ainsi Abraham a peut-être appris à connaître Jéhovah grâce à Sem.


Abraham se détourne de l’idolâtrie présente à Our

Abraham rejette l’idolâtrie si courante à Our.


6. a) Comment savons-​nous qu’Abraham a tiré leçon du Déluge ? b) Quel genre de vie Abraham et Sara ont-​ils ?


6 Quoi qu’il en soit, Abraham a tiré leçon du Déluge. Il s’efforce de marcher avec Dieu, comme Noé. À la différence des habitants d’Our et peut-être même de sa famille proche, il rejette l’idolâtrie. Mais il n’est pas seul. Il a une alliée précieuse : Sara *, une femme d’une beauté et d’une foi exceptionnelles. Même s’ils n’ont pas d’enfant, ils ont sans doute énormément de joie à servir Jéhovah ensemble. Par ailleurs, ils ont adopté le neveu d’Abraham, Lot, qui était orphelin.


7. Comment imiter Abraham ?


 7 Abraham n’a jamais quitté Jéhovah pour adorer des idoles. Sara et lui n’ont pas imité les habitants d’Our. Pour avoir une foi forte, ayons le même état d’esprit : n’hésitons pas à nous démarquer. Jésus a annoncé que ses disciples ne feraient « pas partie du monde » et qu’en retour le monde les haïrait (lire Jean 15:19). Si, parce que tu choisis de servir Jéhovah, ta famille ou ton entourage te rejette, rappelle-​toi que tu n’es pas seul. C’est avec Dieu que tu marches, comme l’ont fait Abraham et Sara !


« Sors de ton pays »

8, 9. a) Qu’arrive-​t-​il un jour à Abraham ? b) Quel est le message de Jéhovah à Abraham ?


8 Un jour, il arrive quelque chose d’incroyable à Abraham. Il reçoit un message de la part de Jéhovah ! La Bible n’entre pas dans les détails. Elle dit simplement que « le Dieu de gloire est apparu » à cet homme de foi (lire Actes 7:2, 3). Peut-être par le moyen d’un ange, le Souverain de l’univers lui donne un aperçu de sa gloire impressionnante. Quel bonheur pour Abraham de constater à quel point le Dieu vivant est supérieur aux idoles sans vie adorées par son entourage !


9 Quel est le message de Jéhovah ? « Sors de ton pays et de ta parenté, et viens au pays que je te montrerai. » Remarque qu’il n’est pas précisé où Abraham doit aller. Jéhovah dit juste qu’il lui montrera le pays. Mais d’abord, Abraham doit partir loin de chez lui et de son clan familial. Dans le Moyen-Orient ancien, la famille est très importante. L’exil est considéré comme une punition redoutable, parfois pire que la mort.


10. Que vont sacrifier Abraham et Sara en quittant Our ?


10 Quitter Our demande des sacrifices. Des fouilles révéleront que c’est une ville riche et animée (voir l’encadré « La ville qu’Abraham et Sara ont quittée »). On y trouve des maisons luxueuses. Certaines comptent une dizaine de pièces, voire davantage, pour loger une famille et ses serviteurs. Ces pièces sont situées autour d’une cour centrale pavée. Les habitations sont plutôt bien équipées : eau courante, tout-à-l’égout, toilettes. Et puis Abraham et Sara ne sont pas tout jeunes : lui a sans doute plus de 70 ans et elle plus de 60 ans. Comme tout bon mari, il veut sûrement que sa femme ait une vie douce, qu’elle ne manque de rien. Imagine leurs conversations à propos du message de Jéhovah, leurs interrogations, leurs inquiétudes... Mais quelle joie pour Abraham lorsque Sara accepte de relever le défi ! Elle aussi est prête à abandonner sa maison bien confortable.


11, 12. a) Avant de partir, que doivent faire Abraham et Sara ? b) Comment imagines-​tu le jour du départ ?


11 Une fois la décision prise, il y a beaucoup à faire : organiser le départ et préparer les bagages. Que laisser et que prendre pour ce voyage vers l’inconnu ? Plus important, qui emmener ? Térah est âgé maintenant, qui va s’occuper de lui ? Abraham et Sara décident de le prendre avec eux. Térah accepte certainement volontiers, car, d’après le récit, c’est lui qui conduit la famille hors de la ville. Il semble qu’il a alors cessé de pratiquer l’idolâtrie. Lot aussi va faire partie de l’expédition (Gen. 11:31).


12 Enfin, c’est le grand jour ! Vois-​tu au pied des murailles de la ville le convoi qui se forme au petit matin ? Les chameaux * et les ânes sont chargés, les troupeaux sont réunis. Chacun, membre de la famille ou serviteur, est à son poste, plein d’enthousiasme. Tous les regards se tournent vers Abraham ; on n’attend plus que son signal. Ça y est, ils se mettent en route. Ils quittent Our pour toujours.


13. Quel bel état d’esprit beaucoup ont-​ils aujourd’hui ?


13 Aujourd’hui, beaucoup décident de s’installer là où l’on manque de proclamateurs. Certains apprennent une langue étrangère pour étendre leur ministère. D’autres se lancent dans des formes de service qu’ils trouvent intimidantes. Cela demande généralement de faire des sacrifices, de renoncer à un certain confort. Mais quel bel état d’esprit, semblable à celui d’Abraham et Sara ! Si notre foi nous pousse à de telles actions, soyons sûrs que Jéhovah nous donnera beaucoup plus que ce que nous lui donnons. Il récompense toujours ceux qui ont foi (Héb. 6:10 ; 11:6). Va-​t-​il récompenser Abraham ?


La traversée de l’Euphrate

14, 15. a) Comment imagines-​tu le voyage entre Our et Harân ? b) Pourquoi Abraham et sa famille s’installent-​ils temporairement à Harân ?


14 Imagine Abraham ou Sara qui monte sur un âne après avoir marché un bon moment. Les conversations se mêlent au bruit des cloches des animaux. Les voyageurs s’habituent à la vie nomade. Peu à peu, même le moins doué devient expert pour ce qui est de dresser ou de lever le camp. Il faut aussi aider Térah à trouver une position confortable sur un chameau ou un âne. Le convoi se dirige vers le nord-ouest en suivant la courbe de l’Euphrate. Jour après jour, semaine après semaine, le paysage défile lentement.


15 Mille kilomètres plus tard, des huttes en forme de ruches sont en vue. C’est Harân, une ville prospère située au carrefour de routes commerciales reliant l’est et l’ouest. Abraham et sa famille s’y installent pour quelque temps, peut-être parce que Térah est trop faible pour aller plus loin.


16, 17. a) Qu’est-​ce qui encourage Abraham ? b) Comment Jéhovah a-​t-​il béni Abraham durant son séjour à Harân ?


16 Puis Térah meurt, à 205 ans (Gen. 11:32). Abraham pleure son père, mais il trouve du réconfort lorsque Jéhovah lui parle à nouveau. Son Dieu lui répète les instructions qu’il lui a données à Our. Il ajoute même une promesse : Abraham deviendra « une grande nation » et toutes les familles de la terre se béniront grâce à lui (lire Genèse 12:2, 3). L’alliance que Jéhovah conclut avec lui encourage Abraham à se remettre en route.


17 Maintenant, il y a encore plus d’affaires à transporter. En effet, Jéhovah a béni Abraham et sa famille durant leur séjour à Harân. On lit dans le récit qu’ils prennent « tous les biens qu’ils avaient amassés et les âmes qu’ils avaient acquises à Harân » (Gen. 12:5). Abraham doit devenir une nation, il lui faut donc des ressources et des serviteurs, autrement dit une grande maisonnée. Jéhovah ne rend pas forcément ses adorateurs riches, par contre, il leur donne tout ce dont ils ont besoin pour accomplir sa volonté. Ainsi encouragé et bien équipé, Abraham repart vers l’inconnu.


Abraham et Sara quittent Our avec peu de biens

Abraham et Sara relèvent le défi : ils abandonnent le confort d’Our.


18. a) Quelle date est très importante dans l’histoire des relations de Jéhovah avec son peuple ? b) Quels autres évènements auront lieu un 14 Nisan ? (voir l’encadré « Le 14 Nisan dans la Bible »).


18 À plusieurs jours de route de Harân se trouve Karkémish. Abraham traverse probablement l’Euphrate à cet endroit, comme beaucoup de voyageurs. C’est en 1943 av. n. è., manifestement le 14e jour du mois qui sera appelé plus tard Nisan (Ex. 12:40-43). Il s’agit d’un moment très important dans l’histoire des relations de Jéhovah avec son peuple, puisque l’alliance conclue avec Abraham prend effet en ce jour. Au sud s’étend le pays que Jéhovah a promis de montrer à Abraham.


19. De quoi Jéhovah parle-​t-​il à Abraham, et à quoi Abraham repense-​t-​il peut-être ?


19 Abraham se dirige vers le sud. Il s’arrête aux grands arbres de Moré, près de Shekèm. Là, Jéhovah lui parle à nouveau, cette fois de sa « semence », ou descendance. Il lui promet qu’elle prendra possession du pays. Il est possible qu’Abraham repense alors à ce que Jéhovah a annoncé en Éden, à propos d’une « semence » qui sauverait un jour l’humanité (Gen. 3:15 ; 12:7). Il commence peut-être à comprendre qu’il va jouer un rôle dans l’accomplissement de la volonté de Jéhovah pour les humains.


20. Comment Abraham manifeste-​t-​il sa reconnaissance à Jéhovah ?


20 Abraham est très reconnaissant d’être ainsi honoré. Il parcourt le pays sûrement avec prudence, parce que celui-ci est encore habité par les Cananéens. Pourtant, il y construit des autels pour son Dieu, d’abord près des grands arbres de Moré, puis près de Béthel. Il invoque le nom de Jéhovah, certainement en le remerciant de l’avenir qui attend ses descendants et peut-être aussi en prêchant à ses voisins cananéens (lire Genèse 12:7, 8). Bien entendu, au cours de sa vie, sa foi sera durement mise à l’épreuve. Cependant, au lieu de penser à sa maison et à tout ce qu’il a laissé à Our, Abraham se concentrera sur les promesses de Jéhovah. Selon Hébreux 11:10, « il attendait la ville ayant des fondements véritables, ville dont Dieu est le bâtisseur et l’auteur ».


21. a) Que savons-​nous de plus qu’Abraham ? b) Qu’es-​tu décidé à faire ?


21 Aujourd’hui, nous en savons bien plus qu’Abraham sur cette « ville ». Nous savons qu’il s’agit du Royaume de Dieu, qui a pris ses fonctions au ciel et qui mettra bientôt fin au monde actuel. Nous savons aussi que la « semence » promise à Abraham est Jésus Christ, le Roi de ce Royaume. Quel plaisir nous aurons de faire la connaissance d’Abraham lorsqu’il sera ressuscité ! Et quelle joie pour lui de constater comment Jéhovah aura accompli dans les détails sa volonté pour les humains ! Aimerais-​tu voir Jéhovah réaliser toutes ses promesses ? Alors, continue d’imiter Abraham. Sois prêt à sacrifier ton confort, sois obéissant et sois reconnaissant pour ce que Jéhovah fait pour toi. Si tu imites « le père de tous ceux qui ont foi », il deviendra un peu ton père à toi aussi !


 La ville qu’Abraham et Sara ont quittée

Depuis longtemps, l’organisation de Jéhovah nous aide à nous mettre à la place des personnages bibliques et à imaginer où ils vivaient. Voici, par exemple, la description que le Réveillez-vous ! du 22 mai 1988 donne d’Our (Ur) :


« À mi-chemin entre le golfe Persique et Bagdad s’élève un triste amas de briques, sentinelle solitaire perdue au milieu d’un vaste désert stérile. Battues par les tempêtes de sable et desséchées par un soleil de plomb, ces ruines sinistres se dressent dans un silence de mort, rompu seulement de temps à autre par le hurlement d’un animal nocturne. Voilà tout ce qui reste de la puissante ville d’Ur.


« Mais remontons quatre mille ans en arrière. Ur est bâtie sur ce qui est alors la rive [gauche] de l’Euphrate ; c’est une cité prospère. Des boutiques et des maisons d’un blanc éclatant bordent ses rues sinueuses. Des clients marchandent avec les commerçants dans les bazars. Des ouvriers filent nuit et jour des écheveaux de laine blanche. Les passerelles grinçantes des bateaux plient sous le poids des trésors que déchargent des esclaves.


« Quelle agitation à l’ombre de la ziggourat, cette tour qui domine la ville ! Les adorateurs du dieu lune Nanna (ou Sin), auquel on attribue la prospérité d’Ur, viennent lui rendre hommage dans ce temple.


« Toutefois, un homme est là, qui trouve repoussante l’odeur des sacrifices offerts par des impies au sommet de cette grande pyramide. Son nom : Abram. »


 Le 14 Nisan dans la Bible

Abraham a selon toute apparence traversé l’Euphrate le 14 Nisan 1943 av. n. è., une date importante dans la chronologie biblique. D’autres grands évènements ont eu lieu un 14 Nisan. Exactement 430 ans plus tard, en 1513 av. n. è., c’est le 14 Nisan que Jéhovah a libéré les Israélites de l’esclavage en Égypte pour qu’ils prennent possession du pays promis à Abraham (Ex. 12:40, 41 ; Gal. 3:17). En 33 de n. è., c’est aussi le 14 Nisan que Jésus a conclu avec ses apôtres une alliance pour qu’ils deviennent membres du gouvernement céleste qui mettra fin à tous les problèmes de l’humanité (Luc 22:29). Et aujourd’hui encore, c’est le 14 Nisan suivant le calendrier juif que les Témoins de Jéhovah célèbrent chaque année le Repas du Seigneur (Luc 22:19).


QU’EN PENSES-​TU ?

Pourquoi fallait-​il de la foi à Abraham pour rejeter l’idolâtrie ?


Pourquoi n’était-​ce pas facile pour Abraham de quitter Our ?


Comment Jéhovah a-​t-​il récompensé la foi d’Abraham ?


Comment comptes-​tu imiter la foi d’Abraham ?



 


NOÉ se redresse et étire ses muscles douloureux. Imagine-​le assis sur une large poutre en bois, en train de faire une petite pause. Il en profite pour admirer l’immense structure de l’arche. Une odeur irritante de goudron chaud flotte dans l’air ; des bruits d’outils résonnent. Noé observe ses fils, qui travaillent dur sur l’énorme charpente. Cela fait des dizaines d’années que sa femme, ses fils et ses belles-filles s’activent avec lui sur cette construction. Ils ont déjà bien avancé les travaux, mais il leur reste encore beaucoup à faire !


2 Autour d’eux, on pense qu’ils sont fous. Plus l’arche prend forme, plus les gens rient à l’idée que de l’eau pourrait recouvrir la terre. Ils trouvent ça ridicule. L’inondation annoncée par Noé leur semble tellement impossible ! Comment un homme peut-​il gâcher sa vie de cette manière ? Et celle de sa famille en plus ! Mais Jéhovah, le Dieu de Noé, a un autre point de vue.


3. Pourquoi la Bible dit-​elle que « Noé marchait avec le vrai Dieu » ?


3 Le récit précise que « Noé marchait avec le vrai Dieu » (lire Genèse 6:9). Qu’est-​ce que cela veut dire ? Bien sûr, ils ne marchaient pas ensemble au sens littéral, ni au ciel ni sur la terre. En fait, Noé obéissait si fidèlement à Jéhovah et l’aimait si profondément qu’ils étaient comme deux amis qui marchent côte à côte. Des milliers d’années plus tard, la Bible dira de Noé : « Grâce à [sa] foi il a condamné le monde » (Héb. 11:7). En quel sens ? Et que pouvons-​nous apprendre de sa foi ?


Un homme droit dans un monde violent

4, 5. Aux jours de Noé, dans quel état se trouve le monde, et pourquoi ?


4 Le monde dans lequel Noé a grandi s’est rapidement dégradé. Aux jours de son arrière-grand-père Hénok, qui lui aussi marchait avec Dieu, ce monde allait déjà très mal. Hénok avait d’ailleurs prédit qu’un jour de jugement s’abattrait sur ceux qui méprisent Jéhovah. Mais à l’époque de Noé, la situation est encore pire. Aux yeux de Jéhovah, la terre est dans un état lamentable, car elle est remplie de violence (Gen. 5:22 ; 6:11 ; Jude 14, 15). Comment les choses en sont-​elles arrivées là ?


5 Un drame terrible a eu lieu parmi les anges. L’un d’eux s’était déjà rebellé contre Jéhovah, l’avait calomnié et avait amené Adam et Ève à pécher. Il était ainsi devenu Satan le Diable. Or, aux jours de Noé, d’autres anges se sont révoltés contre la domination juste de Jéhovah. Abandonnant la position que Dieu leur avait donnée au ciel, ils sont venus sur terre avec une forme humaine et ont épousé de belles femmes. Ces anges rebelles, orgueilleux et égoïstes ont eu une très mauvaise influence sur les humains (Gen. 6:1, 2 ; Jude 6, 7).


6. Quelle influence les Nephilim ont-​ils eue, et qu’a décidé Jéhovah ?


6 De plus, ces unions contre nature entre des anges et des femmes ont produit des fils d’une taille et d’une force extraordinaires, que la Bible appelle Nephilim. Ce nom signifie « Tombeurs » ou « Ceux qui font tomber les autres ». Ces brutes ont aggravé l’état d’esprit violent de l’époque. Au final, le Créateur a constaté que « la méchanceté de l’homme était abondante sur la terre et que toute inclination des pensées de son cœur n’était toujours que mauvaise ». Il a alors décidé que dans 120 ans il mettrait fin à cette société corrompue (lire Genèse 6:3-5).


7. De quoi Noé et sa femme devaient-​ils protéger leurs fils ?


7 T’imagines-​tu élever une famille dans un tel monde ? Eh bien, c’est ce que Noé a fait. Il a trouvé une bonne épouse et, alors qu’il avait plus de 500 ans *, ils ont eu trois fils : Sem, Cham et Japhet. Noé et sa femme devaient protéger leurs enfants des influences dangereuses qui les entouraient. Les garçons ont tendance à admirer les « hommes forts » et les « hommes de renom ». Tout le portrait des Nephilim ! Noé et sa femme pouvaient difficilement empêcher que leurs fils entendent parler de certains exploits de ces géants. Ils pouvaient par contre leur enseigner les belles vérités concernant Jéhovah, qui déteste la méchanceté. Ils devaient les aider à comprendre que la violence et la rébellion attristent Jéhovah (Gen. 6:6).


Noé demande à ses enfants de ne pas regarder la violence des Nephilim

Noé et sa femme devaient protéger leurs enfants d’influences dangereuses.


8. Comment les parents peuvent-​ils imiter Noé et sa femme ?


8 Les parents se mettront facilement à la place de Noé et de sa femme. Notre monde aussi baigne dans la violence et la rébellion. Dans de nombreuses villes, des bandes de jeunes font régner leur loi. Même des divertissements pour les petits sont remplis de violence. De bons parents font tout ce qu’ils peuvent pour combattre de telles influences. Comment ? En aidant leurs enfants à connaître Jéhovah, le Dieu de paix qui éliminera la violence (Ps. 11:5 ; 37:10, 11). Il est possible d’aider ses enfants à résister au mal ! Noé et sa femme ont réussi. Leurs garçons sont devenus des hommes bons. Ils se sont mariés à des femmes qui désiraient elles aussi mettre Jéhovah à la première place dans leur vie.


« Fais-​toi une arche »

9, 10. a) Quel ordre de Jéhovah va changer la vie de Noé ? b) Quelles instructions Jéhovah donne-​t-​il à Noé ?


9 La vie de Noé va changer du tout au tout. Un jour, Jéhovah annonce à son serviteur bien-aimé qu’il a l’intention de mettre fin à ce monde corrompu. Il lui donne cet ordre : « Fais-​toi une arche en bois d’arbres résineux » (Gen. 6:14).


10 Contrairement à ce que certains pensent, cette arche n’est pas un bateau. Elle n’a ni proue ni poupe, ni quille ni gouvernail ; elle n’a pas non plus de coque arrondie. C’est juste un énorme coffre. Jéhovah donne à Noé les dimensions précises de l’arche et des indications sur sa structure. Il lui ordonne aussi de l’enduire de goudron à l’intérieur comme à l’extérieur. Pourquoi ? « Voici que j’amène le déluge des eaux sur la terre [...], explique Jéhovah. Tout ce qui est sur la terre expirera. » Il conclut ensuite une alliance avec Noé : « Tu devras entrer dans l’arche, toi, tes fils, ta femme et les femmes de tes fils avec toi. » Noé doit aussi faire monter à bord toutes sortes d’animaux. En effet, seuls ceux qui seront à l’intérieur de l’arche survivront ! (Gen. 6:17-20).


Noé et sa famille travaillent ensemble pour construire l’arche

Noé et sa famille unissent leurs efforts pour obéir à Jéhovah.


11, 12. Devant quel défi Noé se trouve-​t-​il, et avec quel état d’esprit le relève-​t-​il ?


11 Une tâche immense attend Noé : construire une arche de 133 mètres de long, 22 mètres de large et 13 mètres de haut. Des dimensions record dans la construction de navires en bois, encore aujourd’hui ! Noé recule-​t-​il devant cette mission ? Se plaint-​il de la difficulté qu’elle représente ? Essaie-​t-​il de modifier certaines choses pour se faciliter la tâche ? La Bible répond : « Noé se mit à faire selon tout ce que Dieu lui avait ordonné. Ainsi fit-​il, exactement » (Gen. 6:22).


12 Les travaux durent des dizaines d’années, peut-être 40 ou 50 ans. Il faut abattre des arbres, transporter des troncs, les couper et les tailler en poutres avant de les assembler. L’arche doit avoir trois niveaux, plusieurs compartiments, une porte sur le côté, et apparemment des fenêtres tout autour, près du toit. Celui-ci est sans doute légèrement pointu au milieu, ce qui permet à l’eau de s’écouler (Gen. 6:14-16).


13. Quel doit-être l’aspect le plus difficile de la mission de Noé, et pourquoi ?


13 Les années passent, et l’arche prend forme. Comme Noé doit apprécier le soutien de sa famille ! Mais un aspect de sa mission est peut-être encore plus difficile que la construction elle-​même. La Bible déclare que Noé est un « prédicateur de justice » (lire 2 Pierre 2:5). Il avertit courageusement les gens qu’une destruction va bientôt venir sur eux. Comment réagissent-​ils ? Jésus dira plus tard à leur sujet : « Ils n’ont pas été attentifs. » Il précisera aussi qu’ils étaient tellement pris par leurs occupations quotidiennes — manger, boire et se marier — qu’ils n’ont pas tenu compte de la prédication de Noé (Mat. 24:37-39). Beaucoup se moquent sans doute de lui et de sa famille. Peut-être même que certains le menacent et s’opposent violemment à lui, voire essaient de faire des dégâts sur le chantier.


Les gens qui sont à l’extérieur de l’arche se moquent de Noé et sa famille

Même s’il est évident que Jéhovah le bénit, les gens se moquent de Noé et ne l’écoutent pas.


14. Quel exemple la famille de Noé nous laisse-​t-​elle ?


14 Noé et sa famille tiennent bon. Le monde dans lequel ils vivent considère qu’ils font fausse route et perdent leur temps. Malgré tout, ils accomplissent fidèlement leur mission. Ce sont d’excellents exemples de foi pour nous. En effet, nous vivons ce que la Bible appelle « les derniers jours » (2 Tim. 3:1). Jésus a d’ailleurs comparé notre époque à celle de la construction de l’arche. Quand nous prêchons le Royaume de Dieu, beaucoup sont indifférents, se moquent de nous ou nous persécutent. Souvenons-​nous que Noé aussi est passé par là...


 « Entre dans l’arche »

15. Alors qu’il a presque 600 ans, à quoi Noé doit-​il faire face ?


15 Au bout de dizaines d’années de travail, la construction de l’arche se termine. Alors que Noé a presque 600 ans, il perd plusieurs êtres chers. D’abord son père, Lamek *. Cinq ans après, son grand-père Methoushélah meurt à 969 ans, la plus longue vie rapportée dans la Bible (Gen. 5:27). Notons que Lamek et Methoushélah ont connu le premier homme, Adam.


16, 17. a) Quel nouvel ordre Noé reçoit-​il ? b) Comment imagines-​tu l’arrivée des animaux ?


16 Noé reçoit maintenant un nouvel ordre de la part de Jéhovah : « Entre dans l’arche, toi et toute ta maisonnée. » Il doit aussi faire monter à bord des animaux de toutes sortes : sept représentants de chaque espèce pure, convenant aux sacrifices, et deux de chaque espèce impure (Gen. 7:1-3).


17 Quel spectacle inoubliable ! Ils arrivent par milliers ! Certains marchent ou sautent, d’autres volent, rampent ou se dandinent. Quelle diversité incroyable de tailles, de formes et de comportements ! Inutile d’imaginer un pauvre Noé en train de batailler pour attraper tous ces animaux ou de chercher à les « convaincre » de monter à bord. Le récit ne dit pas que Noé a fait entrer les animaux dans l’arche, mais que les animaux sont entrés vers Noé dans l’arche (Gen. 7:9).


18, 19. a) Que répondre à ceux qui doutent du récit concernant Noé ? b) Pourquoi la manière dont Jéhovah a sauvé les animaux était-​elle sage ?


18 Certains pourraient se demander : « Mais comment cela a-​t-​il pu se faire ? Et comment tous ces animaux ont-​ils pu vivre ensemble en paix dans un espace aussi limité ? » Réfléchissons : Si Jéhovah est le Créateur de l’univers, il doit logiquement avoir le pouvoir de maîtriser les animaux qu’il a créés, de les apprivoiser, de les rendre dociles. Par ailleurs, bien plus tard, il ouvrira un passage dans la mer Rouge. Une fois, il immobilisera même le soleil. Alors pourquoi douter de sa capacité à accomplir ce qui est rapporté dans la Bible concernant Noé ?


19 Bien sûr, Dieu aurait pu sauver les animaux d’une autre manière. Mais dans sa sagesse, il a choisi une solution qui nous rappelle la mission qu’il avait confiée aux humains à l’origine : prendre soin des animaux (Gen. 1:28). Aujourd’hui, beaucoup de parents se servent de l’histoire de Noé afin d’enseigner à leurs enfants que tant les animaux que les humains sont précieux pour Jéhovah.


20. Que font peut-être Noé et sa famille la semaine avant le Déluge ?


20 Revenons au récit. Jéhovah prévient Noé qu’il déclenchera le Déluge dans sept jours. Commence alors une semaine très intense pour toute la famille. Imagine : il faut installer tous les animaux à bord, ranger leur nourriture et celle de la famille et charger les affaires de chacun. La femme de Noé et ses trois belles-filles sont peut-être tout particulièrement occupées à aménager un espace habitable dans l’arche.


21, 22. a) Pourquoi l’indifférence des gens de l’époque de Noé n’est-​elle pas surprenante ? b) Quand les moqueries s’arrêtent-​elles pour Noé et sa famille ?


21 Comment réagissent les gens autour d’eux ? Ils continuent de ne « pas [être] attentifs », alors qu’il est évident que Jéhovah bénit les efforts de Noé. Les gens ont forcément remarqué ces animaux qui arrivent de partout pour entrer dans l’arche. Mais leur indifférence ne devrait pas nous surprendre. De nos jours aussi, beaucoup ne prêtent aucune attention aux preuves évidentes indiquant que nous vivons les derniers jours du monde actuel. Et comme l’a prophétisé l’apôtre Pierre, des moqueurs ridiculisent ceux qui tiennent compte des avertissements de Dieu (lire 2 Pierre 3:3-6). Noé et sa famille ont sûrement vécu la même chose.


22 Quand les moqueries s’arrêtent-​elles ? Selon le récit, Noé entre dans l’arche avec sa famille et les animaux, puis « Jéhovah ferm[e] la porte derrière lui ». S’il y a des moqueurs à proximité, cette intervention divine les fait taire. Sinon, c’est la pluie qui va s’en charger. Et pour pleuvoir, il pleut ! Et ça continue de tomber, encore et encore... jusqu’à ce que la terre soit recouverte par l’eau, comme Jéhovah l’a annoncé (Gen. 7:16-21).


23. a) Comment savons-​nous que Jéhovah n’a pas pris plaisir à faire mourir des gens lors du Déluge ? b) Pourquoi imiter la foi de Noé ?


23 Jéhovah s’est-​il réjoui de la mort de toutes ces personnes ? Absolument pas (Ézék. 33:11). Il leur avait d’ailleurs largement donné l’occasion de changer, de faire ce qui est droit. La vie de Noé prouve qu’il était possible d’être sauvé, à condition de marcher avec Jéhovah, c’est-à-dire de lui obéir en tout. Voilà comment sa foi « a condamné le monde » ; elle a dévoilé la méchanceté des gens de son époque. Elle l’a gardé en vie, lui et sa famille. Si tu imites la foi de Noé, tu pourras être sauvé, toi et ceux que tu aimes. Alors, continue de marcher avec Jéhovah, tu pourras être son ami pour toujours !


ABEL surveille ses moutons qui broutent tranquillement sur une colline. Il regarde au loin et aperçoit une lueur. Il sait que là-bas une lame flamboyante tournoie encore et toujours, bloquant l’accès du jardin d’Éden. Ses parents, Adam et Ève, y ont vécu à une époque. Mais à présent, ni eux ni leurs enfants ne peuvent y entrer. Vois-​tu Abel qui lève les yeux vers le ciel tandis que le vent du soir souffle dans ses cheveux ? Il pense à son Créateur. Le fossé qui s’est creusé entre l’homme et Dieu sera-​t-​il un jour comblé ? C’est ce qu’Abel souhaite de tout cœur.

2-4. Pourquoi peut-​on dire qu’Abel nous parle ?

Aujourd’hui, Abel te parle. Est-​ce que tu l’entends ? C’est impossible, diras-​tu. Ce fils d’Adam est mort depuis longtemps. Il ne reste plus rien de son corps, devenu poussière il y a près de 6 000 ans. D’autre part, la Bible dit que les morts « ne savent rien » (Eccl. 9:5, 10). Et puis aucune parole d’Abel n’est rapportée dans la Bible. Comment peut-​il donc nous parler ?

Pourtant, sous inspiration divine, l’apôtre Paul a écrit : « Grâce à elle, bien qu’il soit mort, [Abel] parle encore » (lire Hébreux 11:4). Grâce à quoi Abel parle-​t-​il ? Grâce à sa foi. Abel est le premier humain à avoir manifesté cette qualité remarquable. Sa foi était si forte que son exemple est vivant. C’est un excellent modèle à suivre. En tirant leçon de sa foi et en nous efforçant de l’imiter, nous entendons Abel nous parler.

Mais la Bible en dit très peu sur Abel. Alors que pouvons-​nous apprendre de lui et de sa foi ?

« La fondation du monde »

5. Pourquoi Jésus a-​t-​il appelé l’époque d’Abel « la fondation du monde » ? (voir aussi la note).

Abel est né au commencement de l’histoire humaine. Jésus a appelé l’époque d’Abel « la fondation du monde » (lire Luc  11:50, 51). Il parlait manifestement du monde des humains pouvant être rachetés du péché. Abel était le quatrième humain, mais il semble qu’il a été le premier à être considéré par Dieu comme rachetable *. Il est clair qu’Abel n’a pas grandi dans le meilleur des contextes.

6. Comment les parents d’Abel sont-​ils, et qu’ont-​ils fait ?

Alors que le monde est à ses débuts, une atmosphère de tristesse pèse sur la famille humaine. Adam et Ève doivent être beaux et pleins d’énergie. Mais ils ont commis une terrible erreur, et ils le savent. Avant, ils étaient parfaits, la vie éternelle s’offrait à eux. Toutefois, ils se sont rebellés contre Jéhovah et ont été chassés du Paradis. En plaçant leurs désirs au-dessus de toute autre chose, et même au-dessus des intérêts de leur descendance, ils ont perdu la perfection et la vie éternelle (Gen. 2:15–3:24).

7, 8. À la naissance de Caïn, que dit Ève et pourquoi ?

Hors du jardin, la vie d’Adam et Ève est difficile. Ils appellent leur premier enfant Caïn, littéralement « Chose produite ». Ève déclare : « J’ai produit un homme avec l’aide de Jéhovah. » Peut-être pense-​t-​elle à ce moment-​là à la promesse que Jéhovah a faite en Éden : une certaine femme produira une « semence », un enfant, qui détruira un jour l’être malfaisant qui les a égarés, elle et son mari (Gen. 3:15 ; 4:1). Ève s’imagine-​t-​elle être la  femme de cette prophétie ? Croit-​elle que Caïn est la « semence » promise ? Si c’est le cas, elle se trompe lourdement.

Soit dit en passant, s’ils élèvent Caïn dans cet état d’esprit, Adam et Ève ne l’aident certainement pas à lutter contre son orgueil d’humain imparfait. Par la suite, ils ont un deuxième fils, mais cette fois-​ci, la Bible ne rapporte aucune déclaration prétentieuse le concernant. Ils l’appellent Abel, qui signifie sans doute « Vapeur » ou « Vanité » (Gen. 4:2). Est-​ce parce qu’ils ont des attentes moins ambitieuses ? Placent-​ils moins d’espoir en Abel ? C’est possible.

9. Quelle leçon les parents peuvent-​ils tirer de ce récit ?

Ce récit est riche d’enseignements. Parents, vos paroles et vos actions encouragent-​elles l’orgueil, l’ambition et les tendances égoïstes de vos enfants ? Ou leur apprenez-​vous à aimer Jéhovah et à rechercher son amitié ? Nos premiers parents n’ont malheureusement pas assumé correctement leurs responsabilités. Cependant, tout espoir n’était pas perdu pour leurs enfants.

D’où vient sa foi ?

10, 11. a) Quels métiers Caïn et Abel apprennent-​ils ? b) Quelle qualité Abel développe-​t-​il ?

10 À mesure que les deux garçons grandissent, Adam leur apprend sans doute à travailler afin de pourvoir aux besoins de la famille. Caïn devient cultivateur ; Abel, berger.

11 Mais Abel ne s’arrête pas là. Au fil des années, il développe la foi, cette magnifique qualité dont Paul parlera dans sa lettre aux Hébreux. Imagine ! Il n’a aucun homme de foi ni aucune femme de foi pour lui servir d’exemple ! Comment en vient-​il à avoir foi en Jéhovah ? Examinons trois éléments fondamentaux sur lesquels sa foi repose sûrement.

12, 13. Lorsqu’Abel médite sur la création, quel effet cela doit-​il avoir sur sa foi ?

12 La création. Il est vrai que Jéhovah a maudit le sol : épines et chardons rendent pénible l’agriculture. Pourtant, la terre produit largement de quoi nourrir la famille d’Abel. De plus, aucune malédiction ne pèse ni sur les animaux ; ni sur les montagnes, les lacs, les rivières ou les mers ; ni sur les cieux, les nuages, le soleil, la lune ou les étoiles. Partout où il pose les yeux, Abel constate la profondeur de l’amour, de la sagesse et de la bonté de Jéhovah, le Créateur de toutes choses (lire Romains 1:20). En méditant avec reconnaissance sur la création, il renforce certainement sa foi.

Abel avec son troupeau de moutons, observe la création

Abel trouve dans la création une solide raison d’avoir foi en un Créateur plein d’amour.

 13 Probablement qu’Abel prend le temps de réfléchir à ses relations avec Jéhovah. L’imagines-​tu en train de s’occuper de son troupeau ? Il doit parcourir de longues distances à pied. Il conduit ses moutons sur les collines, dans les vallées, à travers les rivières. Il est constamment à la recherche du pâturage le plus vert, du meilleur point d’eau, du lieu de repos le plus abrité. De tous les animaux, la brebis semble être le plus vulnérable, comme si elle avait été créée avec le besoin d’être guidée et protégée par l’homme. Abel ressent-​il le besoin d’être guidé, protégé et entouré de soins par Dieu, qui est bien plus sage et plus puissant que lui ? À n’en pas douter, il exprime souvent de telles pensées dans la prière, et sa foi augmente.

14, 15. Sur quelles paroles de Jéhovah Abel peut-​il méditer ?

14 Les prédictions de Jéhovah. Adam et Ève ont-​ils expliqué à leurs fils pourquoi ils ont été expulsés du jardin d’Éden ? Il y a de grandes chances. Abel a donc de quoi méditer.

15 Jéhovah a dit que le sol serait maudit. Abel voit effectivement pousser épines et chardons. Jéhovah a également annoncé qu’Ève souffrirait pendant les grossesses et les accouchements. Avec la naissance de ses frères et sœurs, Abel s’aperçoit certainement que, là encore, la prophétie s’accomplit. De plus, Jéhovah a vu à l’avance qu’Ève ressentirait un besoin exagéré d’amour et d’attention de la part de son mari, et qu’Adam, quant à lui, la dominerait. Abel est témoin de cette triste réalité. Dans chaque cas, il se rend compte que les paroles de Jéhovah se réalisent sans faute. En conséquence, il a de solides raisons d’avoir foi dans la promesse selon laquelle une « semence », ou descendance, réparera un jour les dégâts causés depuis l’Éden (Gen. 3:15-19).

16, 17. Que découvre Abel grâce à l’exemple des chérubins ?

16 Les serviteurs de Jéhovah. Parmi les humains, Abel ne trouve aucun modèle à suivre. Mais à cette époque, les humains ne sont pas les seules créatures intelligentes sur terre. Quand  Adam et Ève ont été expulsés du Paradis, Jéhovah a pris des dispositions pour que ni eux ni leurs descendants ne puissent y accéder. À l’entrée du jardin, il a placé des chérubins (des anges d’un rang élevé) et « la lame flamboyante d’une épée qui tourno[ie] sans arrêt » (lire Genèse 3:24).

17 Petit garçon, Abel observe ces chérubins qui ont pris une forme humaine. Leur apparence doit donner une idée de leur puissance immense. Et cette « épée » enflammée qui n’arrête pas de tourner... Elle ajoute à la crainte et au respect qu’il ressent. Tandis qu’il grandit, voit-​il ces anges s’ennuyer, ou quitter leur poste ? Pas une fois ! Jour et nuit, année après année, dizaine d’années après dizaine d’années, ces créatures puissantes et intelligentes montent la garde. C’est ainsi qu’Abel découvre que Jéhovah a des serviteurs justes et loyaux. Il remarque chez eux une fidélité et une obéissance à Jéhovah qu’il ne trouve pas dans sa famille. L’exemple des anges affermit sûrement sa foi.

Le jeune Abel regarde les chérubins près de l’entrée du jardin d’Éden

Toute sa vie, Abel constate que les chérubins sont des serviteurs de Jéhovah fidèles et obéissants.

18. Sur quoi pouvons-​nous bâtir notre foi aujourd’hui ?

18 Par sa création, ses prédictions et l’exemple de ses serviteurs, Jéhovah révèle qui il est. En méditant sur tout cela, Abel renforce sa foi. Vraiment, son exemple nous parle ! Jeunes, n’êtes-​vous pas rassurés de savoir que vous pouvez développer une foi authentique en Jéhovah quel que soit le comportement de votre famille ? Les merveilles de la création, la Bible et les nombreux modèles de foi qui nous entourent nous donnent un solide fondement sur lequel bâtir notre foi.

 Un sacrifice meilleur

19. Quelle vérité Abel comprend-​il avec le temps ?

19 Sa foi en Jéhovah grandissant, Abel cherche un moyen de l’exprimer par des actes. Mais qu’est-​ce qu’un simple humain peut donner au Créateur de l’univers ? Il est clair que Dieu n’a pas besoin des cadeaux ni de l’aide des hommes. Au fil du temps, Abel comprend cependant cette vérité fondamentale : Si, avec de bonnes motivations, il offre tout simplement ce qu’il a de meilleur à son Père céleste plein d’amour, il est sûr de lui faire plaisir.

Abel offre ses meilleurs moutons à Jéhovah, Caïn offre des produits de sa récolte

Contrairement à Caïn, Abel est motivé par la foi.

20, 21. a) Quelles offrandes Caïn et Abel offrent-​ils à Jéhovah ? b) Comment Jéhovah réagit-​il ?

20 Abel décide de sacrifier quelques bêtes de son troupeau. Il choisit les plus belles, les premières-nées. Il offre ce qu’il pense être les meilleurs morceaux. Dans le même temps, Caïn, qui recherche aussi la bénédiction et l’approbation de Dieu, se prépare à offrir des produits de sa récolte. Mais ses motivations ne sont pas les mêmes que celles d’Abel. Cette différence se voit au moment où les deux frères présentent leurs offrandes.

21 Ils utilisent probablement chacun un autel et du feu pour accomplir leur sacrifice. Peut-être le font-​ils sous les yeux des chérubins, les seuls représentants de Dieu sur la terre à cette époque. Et Jéhovah réagit ! On lit en effet qu’il « regardait avec faveur Abel et son offrande » (Gen. 4:4). Le récit ne précise pas comment Jéhovah manifeste sa faveur.

22, 23. Pourquoi Jéhovah approuve-​t-​il l’offrande d’Abel ?

22 Mais pour quelle raison Jéhovah approuve-​t-​il Abel ? Est-​ce l’offrande en elle-​même qui lui plaît ? C’est vrai qu’Abel présente à Dieu des êtres vivants et en verse le sang précieux, indispensable à la vie. A-​t-​il conscience de la valeur qu’un tel sacrifice prendra ? Des siècles plus tard, Dieu se servira du sacrifice d’un agneau sans défaut pour représenter le sacrifice de son Fils parfait, « l’Agneau de Dieu » dont le sang innocent sera versé (Jean 1:29 ; Ex. 12:5-7). Toutefois, la plupart de ces notions dépassent certainement la connaissance et la compréhension d’Abel.

23 Une chose est sûre : Abel offre le meilleur de ce qu’il a. Jéhovah regarde avec faveur non seulement l’offrande mais aussi l’homme. Les motivations d’Abel sont l’amour pour Jéhovah et une foi authentique.

24. a) Est-​ce l’offrande de Caïn en elle-​même qui pose problème ? b) Comme Caïn, que croient beaucoup aujourd’hui ?

24 Il en va tout autrement de Caïn. Jéhovah « ne regarda pas avec faveur Caïn et son offrande » (Gen. 4:5). Ce n’est pas  l’offrande en elle-​même qui pose problème. Par la suite, sous la Loi mosaïque, il sera permis d’offrir à Dieu le produit de la terre (Lév. 6:14, 15). En fait, la Bible dit de Caïn : « Ses œuvres étaient mauvaises » (lire 1 Jean 3:12). À l’évidence, il croit, comme beaucoup de gens aujourd’hui, qu’il suffit de donner l’impression d’être attaché à Dieu. Les actes de Caïn laissent rapidement paraître son absence de foi authentique et d’amour pour Dieu.

25, 26. a) Quel avertissement Jéhovah donne-​t-​il à Caïn ? b) Comment Caïn réagit-​il ?

25 Caïn cherche-​t-​il à tirer leçon de l’exemple de son frère quand il comprend qu’il n’a pas obtenu la faveur de Jéhovah ? Bien au contraire ! Il est dévoré par la haine. Jéhovah voit ce qui se passe dans le cœur de Caïn et, patiemment, il le fait raisonner. Il le prévient qu’il risque de commettre un péché grave et lui promet que, s’il change d’attitude, il y aura « élévation » pour lui, c’est-à-dire qu’il obtiendra son approbation (Gen. 4:6, 7).

26 Caïn ne tient pas compte de l’avertissement. Il invite plutôt son petit frère sans méfiance à l’accompagner aux champs. Il se jette alors sur lui et le tue (Gen. 4:8). Abel devient en quelque sorte la première victime de persécution religieuse. Sa vie s’achève, mais pas son histoire...

27. a) Pourquoi pouvons-​nous être sûrs qu’Abel sera ressuscité ? b) À quelle condition pourras-​tu faire la connaissance d’Abel ?

27 Figurément parlant, le sang d’Abel crie vers Jéhovah, il réclame vengeance. Jéhovah veille à ce que justice soit faite en punissant Caïn pour son meurtre (Gen. 4:9-12). Mais plus important, le récit concernant la foi d’Abel nous parle aujourd’hui. Abel n’a peut-être vécu qu’une centaine d’années. Une vie bien courte pour un humain de cette époque, mais une vie agréable à Dieu. Il est mort avec la conviction d’être aimé de son Père céleste et d’avoir son approbation (Héb. 11:4). Soyons certains que Jéhovah le garde en sécurité dans sa mémoire infinie, en attendant de le ressusciter sur une terre paradisiaque (Jean 5:28, 29). Feras-​tu sa connaissance dans le Paradis ? Tu le pourras si tu es déterminé à écouter Abel, qui « parle encore », et à imiter sa foi exemplaire.

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Muinjilisti kutoka kwa Yesu Kristo kwa watu, Habari Njema ninayo itangaza imeanzishwa na Yesu Kristo mwenyewe ndiye Bwana na Mwokozi wetu wa pekee. Utukufu na heshima ni vyake milele na milele.

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